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Des chercheurs de Montréal en Haute-Mauricie pour créer des tissus traditionnels atikamekw

Puiser dans les symboles traditionnels atikamekw pour créer des produits d'artisanat contemporains : c'est ce que propose le projet Tapiskwan. Il s'agit d'une initiative d'un groupe de chercheurs de Montréal impliqué dans la communauté de Wemotaci, en Haute-Mauricie, et qui veut montrer que l'art autochtone va bien au-delà des capteurs de rêve et des coiffes de plumes des boutiques touristiques.

Un texte de Madeleine Goubau

Chaque année, en octobre, les Atikamekw de Wemotaci prennent part aux semaines culturelles. Durant une quinzaine de jours, c'est l'occasion de renouer avec leurs racines et d'aller chasser de façon traditionnelle dans les bois. Pendant que certains traquent les orignaux, les perdrix et les ours, d'autres s'appliquent à les imprimer sur du tissu.

Au deuxième étage de l'aréna du village, dans la salle communautaire, de grandes tables recouvertes de toiles blanches ont été installées. Des cadres de sérigraphies, semblables à des pochoirs, sont à la disposition des participants.

Louise Leroux, chargée de cours au Centre de design et d'impression textile de Montréal, supervise les opérations. « À la différence de leurs techniques traditionnelles de perlage, qui sont faites pour faire des pièces uniques et qui sont des techniques très longues, la sérigraphie permet justement de couvrir très rapidement beaucoup de tissu. Donc, c'est une alternative pour faire des tissus commercialisables à moindre coût. »

« L'objectif principal est de revitaliser l'artisanat traditionnel et d'apporter une composante d'innovation, » explique Renata Marques Leitao, doctorante en design à l'Université de Montréal et responsable du projet Tapiskwan.

Des motifs centenaires comme source d'inspiration

Pour créer leurs pochoirs, les participants se sont inspirés de motifs que l'on retrouve depuis des centaines d'années sur les paniers d'écorce des Atikamekw.

Jacques Newashish prend part à l'atelier. Chacun de ses dessins révèle une facette de la culture de sa nation. « Tu as le triangle, qui représente les trois communautés atikamekw, dit Jacques Newashish. Il y a le cercle qui est très présent aussi. C'est le cercle de la vie. Ici, ça représente le vent du nord. Il représente la force. Quand tu fais face au vent du nord et que tu dois marcher plusieurs kilomètres, tu deviens fort. »

« C'est ça qui est intéressant dans les motifs atikamekw, souligne Lucie Leroux. C'est qu'il y a une esthétique très intéressante, à la fois très stylisée, très contemporaine et en même temps, qui a toute une portée symbolique et traditionnelle en arrière. »

En plus d'encourager les participants à revaloriser leur héritage symbolique, le projet Tapiskwan a également comme objectif de sensibiliser le grand public à la beauté de la culture atikamekw.

Des tissus appelés à voyager

Une partie de la production de tissus demeurera à Wemotaci pour permettre aux Atikamekw de porter leurs oeuvres. Toutefois, le but demeure de vendre les sacs et les coussins produits par les participants. Le projet Tapiskwan vise d'abord les marchés de Noël et les foires d'artisans de la métropole, puis les boutiques de musées, quand les volumes le permettront.

Pour le moment, les ateliers n'ont lieu qu'une ou deux fois par année à l'initiative des chercheurs de Montréal. À moyen terme, l'objectif est d'établir un studio permanent à Wemotaci où les artisans atikamekw pourront travailler en tout temps et de façon autonome à la valorisation de leur patrimoine symbolique.

Avec la collaboration de Carolyne Brochu et Michelle Raza

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