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Des délais administratifs mettent des patients en danger, selon un médecin

Un médecin de La Tuque dénonce la lourdeur administrative qui cause des délais pour l'obtention des rapports de radiologie. Le Dr Pierre-David Habel estime même que ces délais deviennent dangereux pour les patients.

Un texte de Claudie Simard

Recevoir des résultats trois semaines ou plus après la prise de radiographie est devenu la norme selon le Dr Pierre-David Habel, un omnipraticien pratiquant à La Tuque.

Depuis l’été dernier, il conserve les rapports qu’il reçoit dans des délais qu’il qualifie de hors norme. Il en détient maintenant une cinquantaine.

Certains de ces rapports démontrent que plusieurs mois se sont parfois écoulés entre la date de la prise de la radiographie et le rapport du radiologiste.

Récemment, il a même reçu un rapport de radiologie pour un patient qui était mort entre temps. Même si le rapport de radiologie n’aurait pas pu lui sauver la vie, il se questionne sur la performance du système en place.

« On peut se demander : est-ce que c’est une bonne utilisation des ressources que de faire lire des rapports de patients qui sont morts? »

Dr Pierre-David Habel estime qu'avant la fusion des établissements de santé le 1er avril 2015, il recevait les rapports plus rapidement.

Il affirme avoir adressé une plainte au commissaire aux plaintes et à la qualité des services du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie Centre-du-Québec (MCQ).

Un « système performant », selon les autorités de la santé

Les délais vécus à La Tuque sont semblables à ce qui se vit ailleurs sur le territoire de la Mauricie et du Centre-du-Québec, selon la directrice adjointe des services multidisciplinaires au CIUSSS MCQ, Annie Robitaille.

À La Tuque, il faut compter environ 15 jours pour la lecture de la radiographie par le radiologiste et 12 jours pour la transcription de son rapport. Ces délais sont semblables à ceux des autres établissements de la région et plus rapide que ce que l’on voit ailleurs dans la province, selon Annie Robitaille.

Or, les recommandations du ministère de la Santé sont plutôt de sept jours pour la lecture de la radiographie et de sept jours pour la transcription du rapport, des cibles que le CIUSSS MCQ s’efforce d’atteindre.

« C’est sûr qu’un délai de trois mois, ça excède les délais qui sont recommandés. »

Elle mentionne toutefois que ces délais plus importants concernent des cas qui sont non-urgents.

Annie Robitaille affirme aussi qu’il y a eu une augmentation de la demande dans les secteurs de l’imagerie médicale et constate qu’il faudrait entre trois et cinq radiologistes de plus que les 29 en poste pour suffire à la demande.

Elle précise cependant que lorsque le cas est urgent, le patient est pris en charge en moins de 48 heures.

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