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Des explorateurs du Centre-du-Québec veulent sauver une île paradisiaque pleine de déchets

Michel Labrecque et Julie Ouimet de Saint-Christophe-d'Arthabaska sont les Cousteau du 21e siècle. Passionné de plongée et de photo sous-marines, le couple est au cœur de la mission scientifique ayant permis de dresser le sombre portrait de l'île de Clipperton, un territoire français.

Un texte de Maude Montembeault

Clipperton est l’atoll le plus isolé de la planète. Le petit bout de terre surnommé Île de la Passion pourrait faire rêver. Île déserte, au beau milieu du Pacifique, entourée d’une eau turquoise et de coraux uniques. Pourtant, Clipperton est loin d’être un paradis sur terre. Quand on y pose les pieds, on réalise les ravages causés par l’homme sur ce fragile écosystème, menacé tant sur terre que sous la mer. Son avenir repose en partie sur les épaules du couple du Centre-du-Québec.

À la suite de leur première mission, en janvier 2016, la ministre française de l’Environnement, Ségolène Royal, a indiqué son intention de déclarer l’atoll « aire protégée ». Mais l’enjeu va au-delà de ça : il faut assurer une surveillance de la pêche illégale et une gestion responsable, ce qui nécessite temps et argent. C’est l’objectif que se sont donné Julie Ouimet et Michel Labrecque. Sans eux, on n’aurait sans doute jamais été sensibilisé à cet enjeu.

Le but ultime du couple serait la création d’un corridor de protection en collaboration avec le Costa Rica, la Colombie, l’Équateur, le Panama et le Mexique et l’inscription de ce corridor à la réserve mondiale de l’UNESCO.

Sur place, les explorateurs ont constaté que l’atoll est recouvert de déchets de plastique, de filets de pêche et de munitions datant, entre autres, de la Deuxième Guerre mondiale.

La pollution s’aggrave sur Clipperton

Du 29 avril au 14 mai dernier, les deux explorateurs ont repris le large vers Clipperton pour documenter la dévastation terrestre et sous-marine, mais aussi pour aider des scientifiques à identifier la route migratoire de plusieurs espèces de requins.

Dans cette deuxième mission, le couple et les chercheurs qui les accompagnent ont continué les opérations de balisage et ont pratiqué des biopsies sur les requins juvéniles. Les données seront publiées dans un papier scientifique plus tard cette année et confirmeront la découverte d'une pouponnière pour deux espèces de requins, selon les centriquois.

L'équipe en mission a déployé un robot sous-marin en profondeur pour trouver des requins, mais a plutôt trouvé de longues lignes sur les récifs, utilisées pour pêcher illégalement le requin. Ils ont aussi découvert des bouées en surface et des lignes très récentes à l'intérieur de l'aire marine protégée.

Sur terre, l’île est en pire état que l’an dernier. Le problème du plastique prend une ampleur inquiétante.

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