En période estivale, la hausse du temps supplémentaire obligatoire met une pression indue sur les préposés aux bénéficiaires et les infirmières en CHSLD en Mauricie Centre-du-Québec, estime leur syndicat, la CSN.

Une préposée aux bénéficiaires du CHSLD Saint-Maurice affirme avoir effectué deux quarts de travail de 16 heures au cours de la dernière fin de semaine.

« J'aime les bénéficiaires, mais je n'aime plus mon job », raconte la préposée, qui a préféré garder l'anonymat.

« On se fait harceler, ajoute-t-elle. Ils t'appellent, ils viennent te voir trois fois durant un quart de travail : "tu es sûre que tu ne peux pas trouver une solution pour rester ce soir?" »

Selon le Syndicat du personnel paratechnique des services auxiliaires et des métiers (CSN), il y a un manque à gagner de 400 préposés dans la région.

Le Syndicat note qu'il est fréquent de voir un préposé pour 27 patients, alors que le ratio devrais plutôt être d'un préposé pour 7 patients. Les bénéficiaires en paieraient le prix, puisqu'il arrive qu'il n'y ait personne pour leur donner leur bain hebdomadaire.

« On est jamais dans l'annulation des soins et services, mais il arrive à l'occasion qu'on soit dans la réorganisation du travail, de reporter des fois de quelques minutes, quelques heures, des soins et services », répond le directeur adjoint du Programme de soutien à l'autonomie des personnes âgées au CIUSSS-MCQ, Sébastien Rouleau.

Par ailleurs, depuis le 1er juillet, les préposés aux bénéficiaires peuvent être appelés à travailler sur n'importe quel étage, auprès de différentes clientèles aux caractéristiques physiques et mentales différentes, ce qui rend certains mal à l'aise.

« En plus de retirer ce choix-là aux personnes, elles se sentent pas écoutées, elles se sentent démunies, dénonce Pascal Bastarache, président du Syndicat. Les personnes, quand elles sont fatiguées, au bout du rouleau, elles demandent des congés aux membres du personnel. Ils sont automatiquement refusés. »

Au printemps dernier, le CIUSSS-MCQ a présenté un plan pour la reconnaissance des acquis, permettant l'embauche rapide de nouveaux préposés aux bénéficiaires.

Pascal Bastarache s'attendait à ce que l'organisation procède à une embauche plus rapide, soit avant l'été, mais cette solution ne sera pas possible avant septembre.

D'après les informations de Marie-Ève Trudel.

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