Lors de la première du spectacle Nezha, le président de la Cité de l'énergie a remercié, sans le nommer, le fondateur, Robert Trudel, visé par des allégations d'inconduites sexuelles. Les présumées victimes disent avoir l'impression que le conseil d'administration banalise leurs histoires. L'organisation se dit surprise du malaise causé par cette déclaration.

Un texte de Marie-Pier Bouchard

Le président du conseil d’administration de la Cité de l’énergie, Roland Desaulniers, a été le premier à prendre la parole à l’occasion de la première médiatique du spectacle Nezha, jeudi soir.

Son discours n’a duré que quelques minutes et son allusion à la contribution de Robert Trudel n’est pas passée inaperçue.

Il a remercié les membres de l’équipe qui ont participé à l’élaboration de ce spectacle au cours des deux dernières années, en commençant par l’ex-directeur de la Cité de l’énergie. Il a cependant évité de le nommer.

Des gens qui ont assisté au spectacle ont confié à Radio-Canada qu’ils ont ressenti un malaise et qu’il s’agit, selon eux, d’un manque de délicatesse envers les femmes qui ont raconté avoir été victimes d’inconduites à caractère sexuel de la part de Robert Trudel.

Une des femmes qui s’est confiée à Radio-Canada, dans un reportage diffusé en mai dernier, considère que cette partie du discours du président était inappropriée dans le contexte.

« Comme président, il pouvait simplement se contenter de souligner le travail exceptionnel de toute l’équipe de la Cité de l’énergie dans la mise en œuvre de ce beau projet », dit-elle.

Une autre parle d’une maladresse de la part de Roland Desaulniers. « Ça démontre le peu de sérieux qu’il porte à l’affaire », mentionne-t-elle.

Ces femmes ont l’impression que le conseil d’administration banalise la situation et manque d’empathie à l’endroit des présumées victimes.

Le président s’explique

Joint au téléphone, le président du conseil d’administration, Roland Desaulniers, n’a pas souhaité nous accorder d’entrevue.

Il s’est dit très étonné qu’on l’interpelle à ce sujet. M. Desaulniers a expliqué que ce nouveau spectacle est le résultat de deux ans de travail auquel Robert Trudel a participé.

« On ne banalise rien, on ne manque pas d’empathie. C’est une situation désolante. On ne veut pas blesser personne », dit-il.

Roland Desaulniers a fait valoir qu’il a pris soin de ne pas le nommer, en remerciant « le directeur général à la retraite ».

Le conseil d’administration a annoncé, le 12 juin, par voie de communiqué, que Robert Trudel quittait ses fonctions de directeur général.

Un mois plus tôt, ce dernier s’était retiré de façon temporaire à la suite de la diffusion d’un reportage de Radio-Canada dans lequel cinq femmes allèguent avoir été victimes d’inconduites à caractère sexuel de sa part.

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