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Deux détenus canadiens au coeur d'un réseau de trafic de fentanyl aux États-Unis

Cinq Canadiens ont été inculpés pour leur implication présumée dans un réseau de trafic de fentanyl aux États-Unis. Parmi eux, deux détenus au Québec auraient dirigé derrière les barreaux « l'un des plus importants réseaux mondiaux » de trafic de fentanyl.

Le département américain de la Justice a établi un lien entre les Canadiens et deux hommes chinois qui ont été inculpés de complot dans la fabrication et la distribution de drogues en ligne.

Trois résidents américains sont aussi impliqués dans cette affaire.

Selon les autorités, deux Canadiens, Jason Berry et Daniel Ceron, pilotaient l'entreprise depuis leurs cellules dans l'établissement correctionnel Drummond, à Drummondville, au Québec.

Ils sont accusés d'avoir expédié le puissant analgésique du Canada vers la Floride et vers l'Oregon, selon les documents judiciaires déposés devant un tribunal américain.

Ils auraient assuré le pont canadien de ce présumé réseau international qui prenait sa source en Chine, et qui a mené ses activités pendant trois ans et demi, jusqu'à l'an dernier.

On ignore pour l'instant l'identité des trois autres Canadiens impliqués dans cette affaire.

En tout, une quinzaine de personnes à travers le monde sont accusées d'avoir participé à ce vaste réseau de fabrication et de distribution de fentanyl et d'autres narcotiques puissants vendus aux États-Unis, a indiqué mardi le procureur général adjoint des États-Unis, Rod Rosenstein.

Le « réseau Yan »

Deux ressortissants chinois, Xiaobang Yan, 40 ans, et Jian Zhang, 38 ans, sont accusés par la justice américaine d'être les têtes dirigeantes de ce réseau qui a été actif de janvier 2013 à août 2016.

Le département américain de la Justice a précisé que du fentanyl extrêmement pur était acheminé directement de la Chine vers des consommateurs américains, par le biais d'Internet.

Le fentanyl et d'autres opioïdes auraient été responsables de la mort de 20 000 Américains et de 3000 Canadiens l'an dernier. Bon nombre de ces décès seraient liés directement à ce réseau de production et de distribution appelé « Yan », selon les autorités américaines.

Les agents fédéraux ont pu lier au « réseau Yan » plus de 100 distributeurs d'opioïdes de synthèse qui seraient responsables de ce bilan meurtrier.

Selon les autorités américaines, l'organisation suivait attentivement les lois et les activités policières aux États-Unis et en Chine, et modifiait la structure moléculaire des analogues du fentanyl afin d'éviter toute poursuite.

Plusieurs agences et corps policiers ont participé à l'enquête américaine, dont la Gendarmerie royale du Canada.

La commissaire adjointe de la GRC, Joanne Grace Crampton, était d'ailleurs présente mardi lors de la conférence de presse au département américain de la Justice, à Washington.

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