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Deux enfants prisonniers de leur famille d’accueil

Une juge de la Cour du Québec blâme sévèrement la Direction de la protection de la jeunesse de la Mauricie et du Centre du Québec pour avoir laissé deux enfants pendant plusieurs années dans une famille d'accueil où ils ont été victimes d'abus. Un texte de Claudie Simard

Dans son jugement rendu public, la juge Marie-Josée Ménard ne mâche pas ses mots et considère que la Direction de la protection de la jeunesse ( DPJ) n’a pas fait « sa job ».

« Il était urgent que ces enfants soient sortis de ce milieu toxique, inadéquat et inapproprié » peut-on lire dans le document.

Les enfants avaient 2 ans et 6 ans au moment où ils ont été confiés à une famille d’accueil en 2008, parce que leurs parents biologiques avaient des problèmes de toxicomanie.

Pendant 8 ans ils ont été victimes de plusieurs mauvais traitements dans leur famille d’accueil.

  • Gifle au visage
  • Tape sur les fesses
  • Les deux enfants devaient manger leur repas seuls à une autre table
  • Ils ont été humiliés et dénigrés

La DPJ a manqué à son devoir

Comment justifier l’inaction de la direction de la protection de la jeunesse face à un tel constat ?, se demande la juge Marie-Josée Ménard.

Elle rappelle que plusieurs personnes ont signalé la situation.

Dès 2009, soit un an après que les enfants aient été accueillis, la DPJ savait que les parents d’accueil utilisaient des méthodes « fort discutables » et « parfois excessives », peut-on lire dans le jugement.

En août 2013, une pédopsychiatre a mis en doute la capacité de la mère d’accueil à répondre aux besoins affectifs des enfants.

En 2015, la gardienne des enfants a aussi exprimé son inquiétude à la DPJ.

De son côté, la Direction de la protection de la jeunesse a reconnu avoir manqué à son devoir de protection.

Elle confirme aussi que les protocoles n'ont pas été respectés et que l'information n'a pas circulé entre les intervenants.

Les enfants aujourd’hui âgés de 10 et 13 ans ont été confiés à une autre famille

Des intervenants sous le choc

La présidente du syndicat des travailleurs et des travailleuses du Centre jeunesse de la Mauricie et du Centre-du-Québec dénonce cette situation.

On vit de l'incompréhension face à ce qui s'est passé

Manon Hamel, présidente du syndicat des travailleurs et des travailleuses du Centre jeunesse de la Mauricie et du Centre-du-Québec

Le vice-président du syndicat Steve Garceau jette quant à lui le blâme sur les cadres; ils sont ceux qui ont le pouvoir de demander à un juge d’intervenir, dit-il.

Il ajoute qu’« il y a des mécanismes en place dans les Centres jeunesse pour que la situation minimalement une fois par année soit révisée par nos chefs de service ».

L'employeur des intervenants à la DPJ, le CIUSSS Mauricie-Centre-du-Québec, n’a pas encore réagi.

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