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Déversement d'eaux usées dans le fleuve : des chercheurs de Trois-Rivières mesureront le taux de bactéries

Un professeur de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) étudiera les impacts du déversement des eaux usées de la Ville de Montréal dans le fleuve Saint-Laurent.

Un texte de Michelle Raza

À l'initiative de Radio-Canada, le professeur Gilbert Cabana, qui est spécialiste du fleuve Saint-Laurent, a accepté de mesurer le compte de bactéries autour des îles de Sorel et de l'île de Montréal. Il sera accompagné d'étudiants de l'UQTR. La journaliste Maude Montembeault l'avait contacté en début de semaine pour lui soumettre l'idée. Des données seront recueillies avant, pendant et après le déversement. 

La Ville de Montréal doit procéder à ce déversement de quelque 8 milliards de litres d'eaux usées le temps de déplacer une chute à neige située dans la zone des travaux de réaménagement de l'autoroute Bonaventure.

« Il faut réaliser que Montréal rejette déjà de très grandes quantités de contaminants dans le fleuve », souligne Gilbert Cabana, qui explique que la métropole ne traite que « très sommairement » ses déchets par filtration grossière et décantation.

« Si on va en aval du point de rejet à Montréal, on trouve un compte astronomique de bactéries dans l'eau », rapporte le scientifique. « Ce compte descend au fil du fleuve, mais on sait que l'eau est de très piètre qualité à certains endroits, par exemple autour des îles de Sorel. »

Le scientifique et son équipe s'attendent à observer un pic du compte de bactéries dans ce secteur à la suite du déversement annoncé par Montréal.

« Il y a une hystérie collective »

L'annonce du déversement de 8 milliards de litres d'eaux usées dans le fleuve ne surprend ni ne choque vraiment Gilbert Cabana. Selon lui, il y a consensus chez les chercheurs au Québec.

Le scientifique de l'UQTR explique que le fleuve Saint-Laurent subit des impacts majeurs et constants du fait de déversements de plusieurs substances dans ses eaux.

Le dossier du déversement des eaux usées a pris des proportions nationales depuis qu'il a fait irruption dans la campagne électorale fédérale. Les trois principales formations politiques ont pris position dans le dossier.

« Je suis biologiste, pas commentateur politique. (...) Le problème, c'est que l'information va très, très vite, mais on ne met pas en perspective ce que l'on va faire », estime Gilbert Cabana.

Le scientifique est conscient que les résultats de son étude seront repris par les politiciens et les médias. Il espère néanmoins que les données seront interprétées « à l'intérieur de leurs limites. »

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