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Disparitions de bébés autochtones: les femmes atikamekw témoignent à l'ENFFADA

C'est avec des sanglots dans la gorge qu'une dizaine de femmes atikamekw ont raconté leurs histoires de disparition de bébés, lors d'un cercle de partage organisé par l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

« Vu les nombreuses inscriptions des familles atikamekw qui traitaient du même sujet, c'est-à-dire de la disparition de bébés aux mains des institutions de santé du Québec, on a proposé aux familles de faire un cercle de partage pour permettre à tous ces individus de siéger dans le même type d'audience en même temps », a expliqué l'avocate de l'ENFFADA, Fanny Wylde.

Le cercle de partage est une tradition chez les Autochtones. « On les utilise pour la résolution de conflit, pour parler des tabous, de nos vérités, pour ventiler quand quelque chose se passe dans nos communautés », explique Fanny Wylde.

Ces femmes, originaires de la communauté de Wemotaci, située aux abords de la rivière Saint-Maurice, ont toutes perdu un enfant, un frère ou une sœur après qu'ils aient été hospitalisés à La Tuque ou Amos, dans les années 1960 et 1970.

Les bébés et les enfants malades de la communauté étaient transférés à l'hôpital par hydravion, sans leurs parents. Ils étaient pour la plupart déclarés morts, sans preuve, ni certificat de décès. On les plaçait souvent dans des familles non autochtones sans le consentement des parents.

« On n'a rien qui nous prouve qu'elle est morte. Et si c'est vrai, qu'est-ce qui s'est passé ? J'aimerais savoir si les hôpitaux faisaient cela seulement aux Autochtones. Peut-être parce qu'on ne savait pas lire ? », a demandé l'une des femmes autour du cercle.

C'est pour dénoncer ce qu'elles qualifient d'« enlèvements » qu'elles ont accepté de témoigner à l'ENFFADA.

« On cherche des réponses, c'est pour ça qu'on est venues à l'enquête » - une des femmes atikamekw dans le cercle de partage.

« Ces histoires-là commencent à sortir, commencent à voir le jour, donc on commence à voir le travail que l'Enquête nationale produit. », a dit Fanny Wylde.

« Il y a plusieurs choses qu'on connaissait, des sujets qu'on connaissait déjà, mais plusieurs autres choses qui sont des découvertes pour nous au sein de l'Enquête. Donc c'est un des sujets que l'on découvre depuis le passage de l'Enquête à travers le pays » a-t-elle complété.

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