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Dossier de Martin Gélinas contre l'UQTR : congédiement justifié selon le Tribunal

Le dossier opposant l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) et son ex-vice-recteur Martin Gélinas est officiellement clos. Radio-Canada a appris que le Tribunal administratif de travail (TAT), dans un jugement particulièrement dur à l'endroit de celui-ci, rejette toutes ses plaintes et conclut que son congédiement le 9 février 2015 était justifié.

Un texte d'Amélie Desmarais

Martin Gélinas contestait son congédiement et accusait trois anciens cadres de harcèlement psychologique à son endroit.

Les plaintes de harcèlement contre l'ex-rectrice Nadia Ghazzali, l'ex-cadre Guylaine Beaudoin et l'ancien vice-recteur suppléant Gilles Charland ont été retirées en 2016.

Durant les audiences qui se sont échelonnées sur une période de 20 mois, Martin Gélinas soutenait avoir été congédié à la suite de ses plaintes au vérificateur général du Québec (VGQ) et à l'Unité permanente anticorruption (UPAC). Or, dans le jugement de 52 pages rendu le 9 février dernier, la juge rejette ses arguments et écrit : « percevoir les choses ainsi c'est faire abstraction de ses agissements fautifs, inexplicables et injustifiables ».

Il a été l'artisan de son propre malheur.

Lyne Thériault, juge

« Certes, la preuve établit que des problèmes organisationnels existaient au moment des événements, ajoute-t-elle. Mais ce n'est pas la dénonciation de ceux-ci qui sont à l'origine du congédiement du plaignant : il a été l'artisan de son propre malheur. »

Bris de confidentialité

Le non-respect d'une entente confidentielle qu'il a conclue avec l'UQTR le 1er février 2013 constitue un élément important du jugement de la juge Thériault.

Cette entente signée alors que Martin Gélinas était en congé de maladie à la suite d'une dépression prévoyait qu'il renonce à son poste tout en conservant son salaire de vice-recteur pendant une période de 2 ans lors de laquelle il serait prêté à une autre organisation.

Après cette période, il pourrait revenir à l'UQTR pour occuper d'autres fonctions. Un montant de 40 000 $ en dommages moraux lui était aussi consenti. En échange, M. Gélinas renonçait à toutes poursuites ou plaintes contre l'UQTR et ses dirigeants.

À la suite de la signature de cette entente, Martin Gélinas multiplie les messages texte et les courriels dans lesquels il est notamment question de l'entente. Ces messages sont envoyés à Guylaine Beaudoin, à des collègues de travail et à des dirigeants de l'UQTR.

La juge souligne à cet égard qu'il justifie ses gestes par son état de santé mentale, mais qu'il ne fait pas la preuve que cet état de santé peut excuser ses gestes.

La conclusion du jugement ne laisse planer aucun doute : « La gravité et la diversité des fautes commises par le plaignant mènent à une conclusion : en harcelant des collègues de travail, en divulguant des informations confidentielles, en reniant sa signature et ses engagements, le lien de confiance est définitivement rompu et l'employeur est justifié de congédier le plaignant sans autre préavis ».

Martin Gélinas réagit

Martin Gélinas accueille difficilement ce jugement qui est le dernier d'une série de démarches pour rétablir sa réputation.

« Mes enfants, mes parents et moi sommes actuellement, à encaisser le choc qui est très douloureux », peut-on lire dans une brève déclaration qu'il nous a fait parvenir.

Il explique qu'il s'est battu avec conviction pendant toutes ces années parce qu'il croyait sincèrement à ses chances de gagner. Il dit maintenant se chercher du travail pour gagner sa vie et payer les 500 000 $ en frais d'avocats que lui ont coûté ses démêlés avec l'UQTR.

Pour sa part, l'ancien vice-recteur Gilles Charland, qui était personnellement visé dans ce dossier par une plainte de harcèlement, qui a été retirée par la suite, se dit soulagé.

« Tout au long du processus, j'ai clamé en mon nom et au nom de l'Université que nous avions agi correctement dans ce dossier-là et c'est la conclusion à laquelle en arrive la juge », dit Gilles Charland.

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