Retour

Eaux usées dans le fleuve et impacts pour le lac Saint-Pierre : Montréal réévalue sa décision

L'intention de Montréal de déverser 8 milliards de litres d'eaux usées directement dans le fleuve Saint-Laurent a provoqué un tollé et contraint la Ville à réexaminer sa décision. Les réactions ont été nombreuses, particulièrement du côté du Comité ZIP (zone d'intervention prioritaire) du lac Saint-Pierre, qui estime qu'il y aurait des impacts environnementaux importants, même si une centaine de kilomètres séparent Montréal du lac Saint-Pierre.

Un texte de Marie-Ève Trudel

La directrice du Comité ZIP du lac Saint-Pierre, Louise Corriveau, n'est pas du tout rassurée par cette mesure, d'autant plus que le déversement d'eaux usées entraîne l'accumulation de dépôts de chaque côté de la voie navigable, a-t-elle expliqué en entrevue à l'émission Chez nous le matin.

La directrice soutient qu'il est possible de déceler les traces laissées par ces déversements. « Ce qu'on voit pendant l'été quand il y a des grosses pluies, la surverse, on le sent au lac, donc on peut s'imaginer qu'un rejet semblable va être encore pire », se désole-t-elle.

Le dernier déversement du genre a eu lieu il y a six ans. « On le sent, on a les odeurs donc on le sait que les eaux usées de la Ville de Montréal sont rendues au lac », se rappelle Louise Corriveau. 

« Ce qui est le plus surprenant encore, c'est que le ministère de l'Environnement ait accepté ça », tonne Louise Corriveau. 

Certains ne sont pas du même avis. « C'est vrai que c'est choquant [...], ce n'est pas négligeable, mais en termes d'impacts écologiques, ce n'est pas aussi terrible qu'on peut le croire », dit quant à elle la mairesse de l'arrondissement Riviève-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, qui est également membre du comité exécutif à la Ville de Montréal, responsable de l'eau.

Des travaux majeurs à Montréal 

Le déversement des eaux usées constituerait une mesure temporaire. Des travaux majeurs pour abaisser la structure de l'autoroute Bonaventure à Montréal exigent de déplacer la chute d'un méga-égout du sud de la municipalité, situé directement dans la zone de travaux.

La proposition initiale de la Ville de Montréal prévoyait de laisser une partie de ses égouts se déverser directement dans le fleuve Saint-Laurent pendant sept jours, à partir du 18 octobre.

Treize mètres cubes par seconde pendant 7 jours, c'est 8 millions de mètres cubes ou 8 milliards de litres, l'équivalent de 2600 piscines olympiques de déchets des toilettes, rejets d'hôpitaux et d'entreprises, qui ne passeraient pas par l'usine d'épuration, advenant que la Ville de Montréal aille de l'avant avec le déversement.

Les autorités avaient jusqu'ici adopté un ton rassurant dans ce dossier, avançant que grâce au débit du fleuve, les eaux usées seraient rapidement diluées. Mais les spécialistes de la question, eux, n'en sont pas plus rassurés.

Plus d'articles

Commentaires