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Encore des tensions chez IDE Trois-Rivières :  l'ex-représentante syndicale congédiée

Même si les employés d'Innovation et développement économique (IDE) Trois-Rivières ont choisi de révoquer leur accréditation syndicale le 14 juillet dernier, plusieurs griefs sont toujours en cours, notamment trois pour des congédiements antérieurs à la désyndicalisation. Toutefois, Radio-Canada a appris qu'un autre dossier s'est ajouté en novembre dernier : celui de l'ex-représentante syndicale des employés d'IDE Trois-Rivières, Nadine Chouinard, congédiée sous la nouvelle direction.

Un texte d'Amélie Desmarais

Mme Chouinard, qui a été responsable du syndicat jusqu'en mai 2014, a été remerciée peu de temps après son retour d'un congé de maladie, le 16 novembre dernier, soit après l'entrée en poste du nouveau directeur général d'IDE, Mario de Tilly. La raison invoquée par l'employeur est l'insubordination.

Me Serge Lavergne, conseiller juridique à la CSN, soutient que le congédiement de Mme Chouinard pourrait être lié à son implication syndicale. « Ce que je sais, résume-t-il, c'est qu'il s'agit d'un dossier où l'employeur allègue l'insubordination et la salariée conteste et dit qu'il s'agit d'un congédiement pour activité syndicale. »

Même si son congédiement est survenu après la révocation syndicale, la CSN a accepté de défendre Mme Chouinard dans le cadre de deux recours : l'un en médiation et l'autre en vertu de la Loi sur les normes du travail.

Une audience devant le Tribunal administratif du travail (anciennement connu comme étant la Commission des relations du travail) doit avoir lieu prochainement en vertu de l'article 124 de la Loi sur les normes du travail pour congédiement sans cause juste et suffisante.

Le directeur général adjoint d'IDE Trois-Rivières, Jean Côté, a refusé de commenter le dossier. « Je n'ai pas à commenter les griefs individuels », a-t-il dit.

M. Côté précise que tout va désormais pour le mieux à IDE Trois-Rivières et que l'ambiance de travail y est excellente. « Tout le monde a le sourire et c'est vraiment agréable », se réjouit le directeur général adjoint, qui reconnaît toutefois que les dernières années ont été plus difficiles.

Les employés d'IDÉ obtiennent plus de 52 000 $ après 4 ans de bataille

Après une longue bataille juridique, Innovation et développement économique Trois-Rivières a finalement payé rétroactivement ses employés pour les gains salariaux prévus dans leur première convention collective. Cependant, le syndicat et l'employeur ne s'entendent toujours pas sur les montants à payer aux employés.

La première convention collective des employés imposée par un arbitre prévoyait le versement rétroactif des nouveaux salaires à partir du 1er janvier 2010, donc pour près de trois ans. C'est finalement le 4 février dernier devant un autre arbitre, Me Martin Racine, que l'affaire s'est réglée.

IDE Trois-Rivières affirme avoir payé à la fin février 52 250 $ à ses employés touchés par la sentence arbitrale, mais la CSN, qui représentait les employés, évalue plutôt à 95 000 $ la somme totale de la rétroactivité due aux employés pour la période de 2010 à 2012, en excluant les intérêts.

Le représentant de la CSN au dossier, Me Serge Lavergne, a d'ailleurs été étonné d'apprendre qu'IDÉ avait payé la rétroactivité à ses employés. Il mentionne qu'il attend toujours de recevoir la décision arbitrale rendue le 4 février dernier et que lors de l'audience, le directeur général adjoint d'IDE Trois-Rivières, Jean Côté, avait refusé de lui transmettre les documents et les dates nécessaires pour faire le calcul exact.

« Je ne sais toujours pas aujourd'hui, même si je suis le représentant du syndicat, qui va être payé, affirme Me Lavergne. [...] Je ne sais pas si les montants qui vont être payés sont les montants totaux qui sont dus. »

Selon Jean Côté, le calcul des sommes attribuées a été fait rigoureusement et conformément à ce qui a été prévu dans le jugement arbitral.

« Si chacun des employés qui a reçu son chèque est content, pourquoi on devrait impliquer le syndicat? » lance le directeur général adjoint, en soulignant que les employés d'IDÉ ne sont plus syndiqués.

264 000 $ dépensés en griefs et procédures

Les frais d'avocats liés à la syndicalisation des employés d'IDE Trois-Rivières et à différents griefs atteignent maintenant 264 202 $.

Dans un document obtenu grâce à la Loi sur l'accès à l'information, le directeur général Mario De Tilly indique qu'en date du 3 février dernier, 42 555 $ ont été dépensés pour des honoraires liés aux relations de travail de 2012 à 2015; que les frais d'avocats liés aux négociations collectives de 2009 à 2012 s'élèvent à 98 584 $; et que ceux liés aux griefs déposés par les employés de 2009 à 2015 totalisent 123 063 $.

En octobre 2014, la Commission d'accès à l'information avait forcé IDE Trois-Rivières à révéler les sommes dépensées en frais d'avocats pour le processus de syndicalisation de ses employés. Elles atteignaient alors 140 000 $, un coût qui a presque doublé depuis.

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