Retour

Épuisé, un préposé aux bénéficiaires de l'hôpital de Trois-Rivières dénonce ses conditions de travail

Un préposé aux bénéficiaires a décidé de témoigner à visage découvert au sujet de ses conditions de travail, dans l'espoir de faire changer les choses. Éric Henri dénonce le climat de pression, de harcèlement et d'intimidation qui règne sur son lieu de travail, au centre hospitalier de Trois-Rivières.

Être constamment sous surveillance, se faire reprocher de ne pas en faire assez, alors qu'il est débordé, c'est ce que dénonce Éric Henri. « On est rendu qu'on se fait chronométrer dans nos soins. Mettons que tu donnes un bain, t'es chronométré », dit-il.

Lors de ses quarts de travail, il déplore être le seul préposé pour les départements d'obstétrique et de néo-natalité.

« Ils nous tapent sur la tête, plutôt que de dire, bon bien regarde, on va trouver des solutions », raconte-t-il.

Éric Henri est préposé aux bénéficiaires depuis sept ans et il adore son métier, mais pas dans les conditions actuelles. « Il y a tout le temps un stress et ça devient difficile de travailler dans ces conditions-là. »

Il a porté plainte aux ressources humaines, plainte qui a été rejetée, affirme-t-il.

Pas un cas isolé

Le syndicat indique qu'il n'est pas seul à vivre une telle situation.

Éric Henri affirme que les infirmières et préposés qui travaillent avec lui ressentent la même détresse, mais « ils ont peur de le dire haut et fort ».

Les autorités de la santé ne souhaitent pas commenter le cas précis d'Éric Henri. Elles rappellent qu'il existe une politique sur le traitement des plaintes de harcèlement en milieu de travail.

Sa conjointe a donné naissance à leur quatrième enfant, il y a deux semaines. Éric Henri a choisi de prendre un congé parental allongé pour sortir de ce cadre de travail et peut-être se réorienter.

« J'ai tellement pas hâte d'y retourner, pour être honnête, que j'ai poussé mon congé de paternité au maximum que j'avais droit, qui est presque deux ans, parce que je vais peut-être retourner sur les bancs d'école, parce que les conditions de travail comme ça, moi j'ai 38 ans, j'ai quatre enfants, je n’ai pas envie de faire ça toute ma vie de me faire stresser », dit-il.

Plus d'articles