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Équipements de son à l'amphithéâtre : Trois-Rivières met en demeure son fournisseur de payer près de 100 000 $

La ville de Trois-Rivières met en demeure l'entreprise Le Diplomate Audiovisuel de payer pour la location des appareils de sonorisation qui ont été utilisés à l'amphithéâtre, cet été. L'entreprise de Laval n'a pas l'intention de payer la note et soutient que son équipement n'aurait jamais dû être remplacé.

Un texte d'Amélie Desmarais

La mise en demeure a été envoyée le 17 juillet à l'entreprise Le Diplomate Audiovisuel l'avisant que la ville de Trois-Rivières « verra à réclamer les frais qu'elle a engagés pour l'enlèvement et la location d'équipements temporaires ».

Les équipements vendus à la ville au coût de près de 857 401,92 $, à la suite d'un appel d'offres, dorment dans un entrepôt depuis le mois de juillet. La Corporation des Évènements de Trois-Rivières a choisi de ne pas les utiliser parce qu'elle dit qu'ils ne remplissaient pas les attentes.

Le Diplomate Audiovisuel est toutefois catégorique: « les équipements ont été installés selon les règles de l'art, conformément au devis et les performances sont là ».

« Moi je trouve ça triste pour les gens de Trois-Rivières surtout parce que c'est des factures qui s'accumulent et on avait déjà un système de son plus que largement suffisant », explique Charles Cadieux, le directeur de l'intégration pour Le Diplomate Audiovisuel. 

L'appel d'offres lancé par la ville, dont le devis a été élaboré par un consultant externe spécialisé en la matière, Trizart Alliance, prévoyait chaque pièce d'équipement et un plan d'installation. Le Diplomate Audiovisuel affirme l'avoir respecté à la lettre.

Un rapport indépendant conclut que le « système peut satisfaire n'importe quel type de prestation professionnelle »

Cependant, trois semaines après le début de l'installation, le 4 juin, Le Diplomate Audiovisuel reçoit une première mise en demeure le sommant de faire en sorte que la puissance sonore atteigne 105 décibels à près de 300 pieds de la scène soit au-delà de la zone gazonnée.

Le directeur de l'intégration pour le Diplomate Audiovisuel, Charles Cadieux, affirme avoir tout fait, aux frais de l'entreprise, pour répondre à cette demande du client même si cette exigence contrevenait aux normes de la Commission de Santé et de Sécurité du Travail (CSST).

« On allait à gauche, ils nous demandaient d'aller à droite. On allait à droite, ils nous demandaient d'aller à gauche, déplore-t-il. On a repositionné [les équipements], on a rajouté des haut-parleurs, on a mis de la main-d'oeuvre gratuite. On a amené des solutions. On voulait même ajouter des équipements s'il le fallait. »

Pour mettre fin au débat, Trizart, le consultant qui a conçu le devis d'appel d'offres, commande finalement le 11 juin une expertise indépendante qui conclut qu'« avec une puissance de plus de 102 dB pour toute l'aire d'écoute, une fois calibré, le système peut satisfaire n'importe quel type de prestation professionnelle ». Le Diplomate Audiovisuel propose aussi de modifier la conception des installations et d'ajouter des équipements dans un délai de deux semaines si le client le souhaite.

Le Cirque du Soleil refuse de travailler avec l'équipement

Trois semaines plus tard, le 1er juillet, le téléphone sonne à nouveau. Lors d'une rencontre téléphonique, le maire Yves Lévesque et la Corporation des Évènements affirment que le son est tellement mauvais que le Cirque du Soleil, qui a effectué des tests dans les jours précédents, refuse de travailler avec l'équipement. Le lendemain, le président de l'entreprise, Pierre Jean, le directeur de l'implantation, Charles Cadieux, un expert de la compagnie Nexo [la marque de l'équipement] et un expert indépendant se rendent sur place.

« On met ça à on et on s'aperçoit que le son n'est pas du tout comme on l'avait laissé, raconte Charles Cadieux. On demande aux gens de la corporation d'éliminer leur processeur, le processeur audio que eux avaient fait des preset de son, des enregistrements à l'intérieur et le son est revenu parfaitement comme il était avant.

Dans les jours suivants, Le Diplomate Audiovisuel reçoit un dernier appel lors duquel la Ville lui demande de venir récupérer ses appareils parce qu'elle a choisi de louer un autre système de sonorisation. L'appel d'offres sur invitation pour la location de ce système de remplacement avait été lancé le 15 juin, soit presque trois semaines plus tôt. Le coût pour la location de ces équipements s'élève à 96 679$.

La Corporation des Évènements affirme avoir agi de façon responsable

La Corporation des Évènements de Trois-Rivières justifie la date de l'appel d'offres par le fait qu'elle devait prévoir le coup en raison du délai serré et que rien ne permettait, selon elle, de conclure que les équipements seraient fonctionnels à temps. Le directeur général, Steve Dubé, affirme qu'il a agi de façon responsable et son équipe a démontré sa bonne foi en donnant deux mois à l'entreprise de Laval pour régler les problèmes, mais, selon lui, elle n'a tout simplement pas livré la marchandise.

La Ville de Trois-Rivières, quant à elle, confirme que le dossier est entre les mains de ses avocats et donc qu'elle ne commentera pas l'affaire.

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