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Est-ce réaliste de se déplacer sans sa voiture à Trois-Rivières?

À l'occasion de la Semaine en ville sans ma voiture qui commence le 16 septembre, nous avons voulu tenter l'expérience : est-ce facilement envisageable pour les Trifluviens de délaisser leurs véhicules au profit du transport en commun, notamment. 

Un texte de Marie-Ève Trudel

Nous avons choisi de parcourir, tantôt en voiture, tantôt grâce au service d'autobus de la Société de transports de Trois-Rivières (STTR), la liaison entre le centre hospitalier de Trois-Rivières et le terminus de la rue Fusey dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, un trajet qui totalise environ 3,7 kilomètres. L'expérience a été réalisée le mardi 15 septembre, à l'heure du retour à la maison, entre 16 h 30 et 18 h 45. 

Calculer généralement plus de temps pour les déplacements sans voiture

L'expérience nous a permis de réaliser que le trajet choisi peu prendre une dizaine de minutes, tant en voiture qu'en autobus lors de l'heure de pointe, mais que l'autobus peut accuser des retards, parfois importants. 

Les retards que nous avons constatés sont normaux dans les circonstances, selon le directeur général de la STTR, Guy de Montigny. « On vit depuis un certain temps des périodes de pointe qui sont fort contraignantes par l'ensemble des travaux que l'on retrouve un peu partout sur le territoire, qui font en sorte que la circulation routière est grandement diminuée », dit-il.

Les études réalisées à Trois-Rivières par l'organisme Roulons Vert démontrent que les gens sont prêts à prendre à peu près 15 minutes de plus sur leur déplacement en utilisant une méthode alternative.

Roulons Vert dénombre 25 000 déplacements par jour dans le secteur du centre hospitalier de Trois-Rivières. « Pour les gens qui vont [dans ce secteur], l'autobus et le vélo deviennent des alternatives vraiment intéressantes », conclut le directeur général de Roulons Vert, André Lavoie.

« C'est bien évident que si vous partez en vélo, ça va être moins rapide que la voiture », concède le porte-parole de la Ville de Trois-Rivières, Yvan Toutant, mais il soutient que la durée du déplacement dans la ville est raisonnable.

L'accès aux méthodes de transport alternatives

À Trois-Rivières, 90 % des ménages sont à moins de 400 mètres d'un arrêt d'autobus. « Le problème, c'est la fréquence de ces services-là », admet André Lavoie.

Bien que le territoire trifluvien soit desservi sur 289 kilomètres carrés, soit presque dans son ensemble, certains secteurs sont plus difficiles d'accès en vélo ou à pied, notamment le boulevard des Récollets. « C'est l'un des coins les plus accidentogènes à Trois-Rivières (...), les plus dangereux », dit André Lavoie. 

Le boulevard des Récollets est l'endroit où il circule le plus de véhicules chaque jour à Trois-Rivières, affirme pour sa part Yvan Toutant. « Pour les piétons, il faut regarder l'itinéraire qu'on peut emprunter », dit-il.

Est-ce réaliste ?

Jean-Claude Bourdages utilise les autobus de la STTR depuis 3 ans. « Les premières fois, c'est de comprendre les horaires, mais le service est très bon », dit l'homme de 82 ans qui se rend fréquemment au club de golf Métabéroutin et à l'épicerie en utilisant le transport en commun. 

Depuis près de 2 ans, des calculateurs d'itinéraire de la STTR sont offerts sur Google Maps ainsi que l'application Transit App, qui facilite l'accès pour les usagers.

« Tout ce qu'on peut faire pour améliorer, évidemment, on le regarde, mais il faut y aller étape par étape. Tout ceci a des coûts et il faut y aller avec la capacité de payer des différentes villes », dit le porte-parole Yvan Toutant. 

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