Retour

EXCLUSIF - Un C.A. impuissant devant un rectorat qui en mène large : l'ex-président du C.A. de l'UQTR se confie

« On s'imagine que c'est le conseil d'administration qui est maître à bord, mais la haute direction qui est composée du recteur et des vice-recteurs prend beaucoup de place, [ils] ont beaucoup de pouvoir », confie Yves Tousignant, à la veille d'une séance spéciale du conseil d'administration de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) qui a pour but de faire le bilan de la dernière année.

Un texte d'Amélie Desmarais

Après une année marquée par le rapport dévastateur de la vérificatrice générale du Québec (VGQ) et le départ de la rectrice Nadia Ghazzali, l'ancien président du conseil d'administration qui siège maintenant comme simple membre veut partager avec les autres membres du C.A. les leçons qu'il a tirées des événements des dernières années.

Yves Tousignant, qui avait lui-même été écorché par la VGQ et forcé de démissionner de la présidence du C.A., affirme que le conseil d'administration n'était souvent pas informé des décisions. Il ajoute que le C.A. était affaibli parce que le mandat de plusieurs membres, dont le sien, était échu alors que d'autres sièges étaient tout simplement vacants et que le gouvernement tardait à faire de nouvelles nominations.

« Le conseil d'administration se réunit 7-8 fois par année, puis on sait que la vie universitaire, il y a des périodes intensives, lance-t-il. Il y a aussi le fait qu'il y a des postes au niveau du conseil d'administration qui sont comblés d'une manière peu rapide, très lente. Ça fait qu'il y a aussi un débalancement au niveau du conseil d'administration entre les membres internes et les membres externes. »

Tousignant quittera le CA

M. Tousignant a décidé de tirer sa révérence après plus de 8 ans sur le C.A. dès que le nouveau recteur Daniel McMahon, qui a son entière confiance, entrera en fonction. Il croit toutefois que le conseil d'administration devrait être plus impliqué dans la prise de décisions à l'avenir.

« Il faut que dans l'avenir le conseil d'administration puisse prendre de plus en plus une part importante dans la prise de décisions, dit-il. Qu'il y ait une meilleure concertation entre les membres du C.A. et la haute direction et un rôle accru pour la présidence du conseil. »

Yves Tousignant estime malgré tout que l'UQTR a été jugée sévèrement dans le rapport de la vérificatrice générale du Québec, déposé en mai dernier. Guylaine Leclerc avait jugé Yves Tousignant inhabile à diriger le C.A. de l'UQTR parce qu'il ne pouvait pas cumuler les fonctions de président du C.A. de l'UQTR et de maire de la municipalité de Saint-Pierre-les-Becquets.

« Si j'ai tenu le coup jusqu'au bout, c'est que j'ai eu un rôle utile qui est méconnu de l'ensemble de la population, ajoute-t-il. Parce qu'on sait que l'ancienne rectrice Mme Nadia Ghazzali était vulnérable, étant donné qu'elle était l'objet de plaintes de harcèlement psychologique. Ça fait que réellement, j'ai tenu le fort pendant une bonne période. »

Il dit se retirer avec « la satisfaction du devoir accompli », même si le rapport de la vérificatrice générale du Québec et les dossiers de deux ex-hauts dirigeants, qui sont toujours devant la Commission des relations du travail, ternissent son bilan.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine