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EXCLUSIF - Un premier cas de profilage racial à Trois-Rivières?

Jean-Claude Selwyn Esparon, un Montréalais de 25 ans, croit avoir été victime de profilage racial de la part d'agents du Service de la sécurité publique de Trois-Rivières. C'est ce qu'a fait valoir en cour cette semaine son avocat, Me Matthieu Poliquin.

Un texte de Maude Montembeault et Marilyn Marceau

La cause de Jean-Claude Selwyn Esparon était de retour devant la cour vendredi matin. Une policière a commencé à témoigner, mais devra poursuivre sa version des faits le 29 juin. Une autre policière doit aussi témoigner dans ce dossier.

Le 31 janvier 2015, Jean-Claude Esparon et un autre homme se trouvaient près du bar L'oubliette dans le secteur Cap-de-la-Madeleine et se dirigeaient vers le Motel St-Georges. Ils ont été interpellés par deux agents de la Sécurité publique de Trois-Rivières qui les ont questionnés sur leur identité et leur présence dans la ville.

Les motifs d'interception sont absents du rapport policier. Mais en cour, une des deux policières a expliqué qu'elle ne connaissait pas les deux hommes et trouvait étrange de les voir marcher dans ce secteur à une heure aussi tardive.

Procès pour vol

Jean-Claude Selwyn Esparon subit présentement un procès pour vol de moins de 5000 $. Il est accusé d'avoir dérobé un sac de sport et trois boîtes de haut-parleurs au magasin Target de Trois-Rivières, le 3 février 2015. Il a plaidé non coupable.

Les policiers auraient été en mesure d'identifier M. Selwyn Esparon sur une vidéo de surveillance du magasin grâce à l'intervention policière menée quelques jours plus tôt près du bar L'oubliette.

Comme l'avocat de la défense qualifie l'interception d'« arbitraire », « sans motifs valables et fondée sur des motifs de profilage racial », il demande au juge d'exclure cette preuve en s'appuyant sur la Charte canadienne des droits et libertés. C'est d'ailleurs la requête qu'il a défendue cette semaine au palais de justice de Trois-Rivières.

Me Poliquin dit que son client a été interpellé parce qu'il « s'agissait d'un individu noir marchant dans la rue à une heure tardive ».

Le juge Jacques Trudel devra se pencher sur les faits allégués par la défense et déterminer si Jean-Claude Selwyn Esparon a été victime ou non de profilage racial. Si c'était le cas, il pourrait s'agir d'une première à Trois-Rivières. Selon des avocats consultés par Radio-Canada, il n'y aurait jamais eu de cas fondés de profilage racial dans la région.

Si le juge donne raison à Me Poliquin, le procès de Jean-Claude Selwyn Esparon pour vol pourrait alors être abandonné.

Les policiers de Trois-Rivières très sensibles à l'immigration, selon le SANA

Le Service d'accueil des nouveaux arrivants (SANA) de Trois-Rivières n'a pour sa part jamais entendu parler de cas possibles de profilage racial. Au contraire, son directeur général, Ivan Suaza, assure que le service de police est très sensible à l'immigration et qu'il offre une bonne collaboration avec l'organisme.

« Il n'y a jamais eu de cas regrettable », affirme M. Suaza. Cependant, il admet qu'il pourrait y avoir eu quelques cas de discrimination.

D'après les informations de Maude Montembeault

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