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Faire rayonner la culture atikamekw grâce aux enfants

Anice Ottawa transmet son amour pour la langue et la culture atikamekw à des enfants qui vivent à Trois-Rivières, en Mauricie. Pour célébrer la Journée internationale des femmes, nous sommes allés à la rencontre de cette éducatrice qui oeuvre pour s'assurer que la langue autochtone ne tombe pas dans l'oubli.

Un texte de Claudie Simard

Entendre parler en atikamekw est chose courante au CPE Premier pas, situé au centre-ville de Trois-Rivières.

60 enfants y viennent chaque jour, ce qui représente la capacité maximale des installations.

La priorité des places revient aux enfants des Premières Nations. Par contre, des enfants issus de toutes les cultures le fréquentent aussi.

Dans les corridors, l’atikamekw et le français s’entremêlent. Les éducatrices traduisent les phrases pour l’un et pour l’autre. Chacun apprend de nouveaux mots, de nouveaux noms.

Anice Ottawa est l’éducatrice qui s’occupe du Programme d’aide préscolaire aux Autochtones dans les communautés urbaines et nordiques (PAPACUN).

Les 22 enfants qui font partie du programme cette année sont des Atikamekw avec qui elle fait des ateliers. « J’aime ça être avec les enfants, on s’amuse avec eux, j’aime leur montrer à compter et les lettres de l’alphabet pour mieux les préparer à la rentrée scolaire » dit-elle.

L’alphabet dont elle parle est l'alphabet atikamekw, qui comprend 15 lettres et non 26 comme celui de la langue française.

Dans ses ateliers, Anice Ottawa chante des comptines avec les enfants, leur lit des histoires, parle de leur culture, de leurs traditions. Pow-wow, pain banik et capteurs de rêves : tout est matière aux échanges et aux discussions.

À 5 ans, les enfants en ont encore beaucoup à apprendre sur leur langue maternelle. Lorsqu’elle les entend, Anice Ottawa éprouve un sentiment de satisfaction : « Ça me fait plaisir, c’est le fun, c’est une belle langue, et plus ils sont jeunes, plus ils ont de la facilité à l’apprendre ».

Un peuple vivant

Ce métier, elle l’exerce par amour pour les enfants, mais aussi pour la cause. Chaque enfant qui compte en atikamekw sans l'aide d'un adulte est une victoire. Chaque enfant devenu grand qu’elle croise et qui parle toujours leur langue est un succès.

Lorsqu’on lui demande si elle pense que son peuple va réussir à conserver sa langue et sa culture, elle répond « en travaillant fort ». C’est d’ailleurs ce qu’elle fait chaque jour avec les enfants à qui elle tente de transmettre la fierté de sa culture, de ses racines.

Son parcours

Anice Ottawa a grandi à Manawan, situé dans la région de Lanaudière. Elle a fait une partie de ses études à Joliette, la ville la plus proche, pour ensuite les poursuivre à Québec.

Elle a occupé des fonctions administratives pour le Conseil en éducation des Premières Nations.

Puis, après avoir obtenu un certificat en psychologie à l’Université du Québec à Trois-Rivières, une occasion s’est présentée pour travailler au sein du programme PAPACUN.

Elle a eu un coup de coeur pour les enfants, et elle exerce ce métier depuis bientôt 10 ans.

L'inclusion pour défaire les préjugés

La culture atikamekw est vivante au CPE Premier Pas grâce aux enfants, mais elle est aussi visible : par exemple, les noms des locaux, écrits en atikamekw, font référence aux animaux du territoire comme l’orignal, l’ours ou encore le loup.

Les enfants francophones aussi apprennent ces mots. Anice Ottawa prend le temps d’en parler avec eux, de les inclure.

Les Atikamekw sont plus nombreux qu’avant à Trois-Rivières : c’est pourquoi le CPE Premier Pas de La Tuque en Haute-Mauricie y a ouvert l’installation du service de garde en 2015.

Ce n’est pas un gage pour autant de la pérennité de la langue et de la culture atikamekw, comme le rappelle Anice Ottawa : « Il est important de parler la langue pour ne pas l’oublier. C’est important. Vu qu’on habite en ville, il faut continuer à parler la langue attikamek pour ne pas l’oublier », dit-elle.

La population de Trois-Rivières compte 134 000 résidents. Parmi eux, près de 150 affirment que leur langue maternelle est l’attikamek, selon les dernières données de Statistique Canada.

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