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Faute de main d'oeuvre, il ferme son restaurant pour se faire soigner

Frappé par un cancer très agressif, Stéphane Draps est forcé de fermer son restaurant de Trois-Rivières pour une durée indéterminée. Après avoir tenu son entreprise à bout de bras pendant six mois malgré des traitements de chimiothérapie, il a dû se rendre à l'évidence : il ne pouvait plus continuer.

Un texte de Marie-Pier Bouchard

Le diagnostic est tombé en mars 2017 pour Stéphane Draps : cancer du côlon de stade 4 inopérable et non guérissable avec des métastases aux poumons et au foie.

Son entreprise était en plein démarrage et il a passé quelque 350 heures devant son four à bois avec un traitement de chimiothérapie accroché à lui. Il a dû combattre des infections et il accuse ainsi un retard de deux mois sur le protocole. Il est épuisé.

Stéphane Draps n'avait pas contracté d'assurance privée pour le protéger en cas de maladie grave et il savait qu'en mettant la clé sous la porte, il n'aurait plus de revenu. L'entrepreneur a tout fait pour éviter d'en arriver là.

Il a cherché des employés pour l’épauler pendant les traitements, mais il n’a reçu aucun appel, aucun curriculum vitae. Il a aussi tenté de trouver un acheteur pour le commerce, mais sans succès.

L'homme de 47 ans refuse cependant de baisser les bras et il a toujours espoir de trouver un acheteur. En attendant, il a lancé une campagne de socio-financement avec laquelle il souhaite amasser 20 000 $.

Une situation courante

Le conseiller au Centre de transfert d’entreprise du Québec Daniel Vezeau est souvent confronté à ce genre de situation.

L'homme côtoie des entrepreneurs depuis 30 ans et il remarque que, trop souvent, contracter une assurance ne fait pas partie de leurs priorités.

Selon lui, la restauration représente un défi supplémentaire parce que l’offre de restaurants à vendre est abondante au Québec et le recrutement de main-d’oeuvre est très difficile dans le domaine.

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