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Femme retrouvée dans un HLM un mois après son décès : le coroner soulève des questions

Le coroner Raynald Gauthier trouve navrant que des personnes puissent mourir seules sans que personne ne s'en inquiète, comme cela est arrivé à Francine Pratte. Dans le rapport qu'il vient de publier, il souligne que l'adhésion des résidents de HLM à un programme d'appels automatisés pourrait éviter qu'un tel événement se reproduise.

Francine Pratte vivait seule dans un appartement situé au 5e  étage d'un immeuble appartenant à l'Office municipal d'habitation de Trois-Rivières. La femme de 65 ans était isolée socialement et recevait un appel d'un de ses fils une seule fois par mois.

Elle a été trouvée inanimée chez elle le 20 novembre 2015, après qu'un voisin se soit plaint d'une odeur incommodante émanant de son appartement. Le corps de la dame était en état de décomposition avancée. Le coroner conclut que Francine Pratte était décédée depuis près d'un mois d'une insuffisance coronarienne aiguë.

« Il est navrant de constater que des personnes âgées, isolées socialement et demeurant dans des immeubles de type office d'habitation municipale, peuvent décéder et manquer à l'appel durant des périodes aussi prolongées sans que personne ne puisse s'en inquiéter », se désole Raynald Gauthier dans son rapport.

Le programme Pair pour briser l'isolement

Pour éviter que d'autres personnes ne soient oubliées de la sorte après leur décès, le coroner recommande à l'Office municipal d'habitation de Trois-Rivières et au Regroupement des offices d'habitation du Québec d'inciter les résidents à adhérer au programme PAIR.

À l’Office municipal d’habitation de Trois-Rivières, on affirme que ce programme est offert à ceux qui acceptent de rencontrer les intervenants.

Mme Pratte aurait toutefois refusé cette rencontre, selon le directeur général de l’Office municipal d’habitation de Trois-Rivières, Marco Bélanger.

« Ce programme-là est un programme volontaire, donc les gens communiquent avec les responsables du programme Pair pour dire : ''moi je voudrais bénéficier de ce service-là'', ajoute-t-il. Si la personne ne fait pas cette démarche-là, on ne peut aller plus loin que de communiquer l’information et de le valoriser et d’insister sur les bienfaits d’utiliser un programme comme celui-là. »

La présidente du comité provincial Pair, Suzanne Girard, se réjouit de la recommandation du coroner, tout en reconnaissant l'aspect tragique de la mort de Francine Pratte.

Selon elle, bien que ce programme sauve des centaines de vies à travers la province, il ne séduit pas facilement.

« On veut rencontrer des gens dans les offices d'habitation, dans les résidences pour aînés, mais les portes ne s'ouvrent pas facilement », affirme-t-elle.

Mme Girard note aussi qu'il y a une réticence de la part des personnes qui pourraient en bénéficier.

« Quand il est recommandé par un professionnel comme aujourd'hui, je vous assure que cette semaine on va avoir beaucoup d'appels par des gens qui vont désirer s'abonner. »

Selon les intervenants du programme Pair, 6000 personnes sont présentement abonnées aux appels automatisés. L'organisme estime toutefois que 50 000 personnes pourraient avoir besoin d'un tel programme au Québec.

D'après les informations de Claudie Simard.

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