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Femmes autochtones : le chef de la nation atikamekw choqué, mais pas surpris

« J'étais vraiment sous le choc, j'étais choqué par la situation », a déclaré le grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw Constant Awashish au lendemain de la diffusion du reportage d'Enquête sur des policiers de la Sûreté du Québec de Val-d'Or soupçonnés d'agressions sexuelles et d'abus de pouvoir à l'endroit de femmes autochtones.

Un texte de Michelle Raza

Constant Awashish avait déjà eu vent de situations comme celles décrites dans le reportage d'Enquête, mais dans l'Ouest canadien, pas au Québec.

« Ça prend tout un courage de faire ça », souligne le grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw, qui se dit fier des femmes qui ont dénoncé ces situations à visage découvert. Il croit que d'autres femmes pourraient leur emboîter le pas. « Je suis sûr qu'il reste encore beaucoup de choses à aller chercher », estime-t-il.

Le grand chef, qui travaille à La Tuque, rapporte que les rapports entre les Autochtones et le reste de la population sont généralement bons en Haute-Mauricie. Il ne croit pas que la région soit touchée par des abus de pouvoir endémiques comme à Val-d'Or, mais il laisse place au doute.

« Des situations similaires se seraient produites sur la Côte-Nord, ce n'est donc pas impossible qu'elles soient aussi arrivées chez nous », rappelle Constant Awashish.

Constant Awashish estime que même avant ces révélations, les gouvernements de Québec et Ottawa disposaient de suffisamment d'éléments pour mettre sur pied des enquêtes publiques et des commissions sur la situation des femmes autochtones au Canada.

Regardez le web reportage d'Enquête.

« C'est du racisme »

Alexis Wawanoloath, élu au Conseil des Abénakis d'Odanak, avoue qu'il n'est malheureusement pas surpris du reportage d'Enquête. « C'est un problème de racisme, carrément. Encore aujourd'hui, on ne comprend pas la réalité des Premières Nations. En particulier chez les policiers en région, le racisme est très présent. »

Pour écouter l'entrevue d'Alexis Wawanoloath à l'émission Le 15-18, cliquez ici.

Alexis Wawanoloath a été député d'Abitibi-Est et a travaillé à la réserve de Lac-Simon, située près de Val-d'Or. Il connaît très bien la réalité autochtone sur le terrain. « J'avais entendu cette histoire il y a trois ans, mais les femmes à ce moment ne voulaient pas parler ».

Il met de l'avant le réel problème de société auquel nous faisons face et affirme que nous ne sommes pas encore sortis de cette logique coloniale.

Comment faire pour aider les femmes autochtones? Alexis Wawanoloath peine à répondre. Lui-même père de deux filles, il avoue que la question est importante, mais qu'il est difficile d'y répondre. Il espère toutefois que des plaintes criminelles seront déposées et qu'il y aura des congédiements. « S'il y a une culture organisationnelle, il faut que ça cesse. »

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