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Français à la GRC : 10 ans après son arrestation, Justin Bell prêt à soutenir la cause

Dix ans après avoir été mis brièvement en état d'arrestation pour avoir demandé des services en français à un agent de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), le Fransaskois Justin Bell souhaite travailler avec des organismes fransaskois afin que la GRC offre de meilleurs services en français.

Un texte de Félix Morrissette-Beaulieu

En mars 2006, le jeune homme âgé de 24 ans a été interpellé pour excès de vitesse par un agent de la GRC. Quand il a demandé à être servi en français, l'agent lui a répondu en allemand. Il a été mis brièvement en état d'arrestation après qu'il eut réitéré sa demande.

Après deux ans de processus judiciaire, une victoire en Cour provinciale a invalidé son arrestation et annulé sa contravention. L'histoire de Justin Bell a fait le tour du pays en 2008.

Dix ans après sa brève mise en arrestation, le natif de Gravelbourg est toujours marqué. 

Justin Bell croit que la GRC a encore bien des défis à surmonter pour offrir des services aux minorités francophones.

Les organismes fransaskois interpellés

La sensibilisation de la GRC et de la population à l'importance des services en français peut être menée par la communauté fransaskoise, notamment l'Assemblée communautaire fransaskoise (ACF), croit Justin Bell. 

Il souhaite travailler avec eux dans une attitude positive.

« J'aimerais travailler avec eux afin de faire un peu d'éducation. Comment demander un service en français si on se trouve dans une situation comme ça? Est-ce qu'on veut demander ce service-là? Comment le faire dans une attitude positive? Moi j'ai beaucoup changé par rapport à ça », confie Justin Bell.

Un comité qui a comme mandat d'améliorer les relations entre la communauté fransaskoise et la GRC a été créé en 2008 en réaction à l'histoire de Justin Bell. L'ACF y siège.

Ce comité a élaboré un questionnaire pour sonder la communauté sur ses attentes linguistiques envers la GRC, souligne la présidente de l'ACF, Françoise Sigur-Cloutier. Au printemps 2016, le questionnaire n'a toujours pas été approuvé, d'où l'immobilité du comité, selon la présidente de l'ACF.

Peu de changements du côté de la GRC en Saskatchewan

Le sous-officier responsable du détachement de Watrous en Saskatchewan, Earl Leblanc, affirme que l'offre de services en français a peu changé dans la province depuis la dernière révision des politiques de la GRC, en 2011.

Depuis cinq ans, la procédure de la GRC prévoit que toute personne interpellée qui réclame un service en français se voit offrir de contacter par radio ou par téléphone un intervenant en mesure de répondre en français.

Dans les détachements reconnus bilingues, le service en français est disponible en tout temps, ajoute M. Leblanc.

À l'heure actuelle, 14 des 87 détachements de la province sont bilingues et 56 membres de la GRC peuvent s'exprimer dans les deux langues officielles.

Des efforts remarqués par le Commissariat aux langues officielles

Les forces et les faiblesses de la GRC et d'autres institutions fédérales concernant leurs obligations en vertu de la Loi sur les langues officielles sont répertoriées dans les bulletins de rendement du Commissairiat aux langues officielles.

En 2013, le Commissariat déterminait que « [...] plusieurs activités en cours [à la GRC] seront achevées d'ici 2015 [... dont] l'élaboration d'une trousse éducative destinée au réseau des langues officielles de la GRC, qui explique le rôle, les responsabilités et le mandat de l'organisation en vertu de la Loi ».

Deux ans plus tard, le Commissariat concluait que « la GRC révèle un rendement global moyen et que l'institution continue de montrer son engagement à respecter la Loi et a pris plusieurs mesures pour aborder les lacunes cernées [...] ».

Des convictions toujours aussi présentes

Au fil des ans, Justin Bell n'a rien perdu de ses convictions. Après avoir longuement réfléchi, il a accepté de reparler de son histoire, car il souhaite sensibiliser les francophones et leur rappeler que c'est à eux de réclamer des services en français à la GRC, dans une attitude constructive et respectueuse.

Maintenant père et établi au Québec, à Trois-Rivières, Justin Bell tente d'inculquer à son fils Éloi l'importance des droits linguistiques. « Il me pose des questions par rapport à ça. "Papa, j'aimerais ça être un policier ou un juge." Je lui dis tu peux faire ce que tu veux, mais je lui ai expliqué très clairement que maintenant, on est dans une époque où il faut faire attention à nos droits », confie le Fransaskois.

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