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Grande pénurie d’éducatrices à l’enfance formées

Une grande pénurie d'éducatrices à l'enfance formées se fait sentir dans plusieurs régions du Québec. La situation est particulièrement criante en Mauricie où les centres de la petite enfance peinent à rencontrer les exigences du ministère de la Famille.

Un texte de Catherine Bouchard

Deux éducatrices sur trois doivent posséder la formation technique collégiale, selon des normes établies par le ministère de la Famille.

Or, actuellement, difficile de remplir ce critère dans plusieurs centres de la petite enfance en régions. Bien qu’il ne soit pas en mesure précisément de chiffrer le manque, le Regroupement des CPE de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec indique que certains centres n’ont pas trouvé preneurs pour leurs postes.

L'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) indique avoir des échos des enjeux de recrutement dans plusieurs régions du Québec.

Plusieurs intervenants du milieu estiment que les coupes successives dans les dernières années ont découragé des finissantes et des nouvelles éducatrices formées à poursuivre dans cette carrière.

La situation de presque plein emploi et les conditions salariales seraient aussi des facteurs qui poussent les étudiantes à étudier dans d'autres domaines.

« Être une jeune fille aujourd’hui, moi, avoir un choix de carrière à faire, je sais pas si je m'en irais dans éducation à l'enfance, parce que les perspectives ne sont pas très bonnes. Ce qui nous reste, c'est les vraies passionnées des enfants qui ne se voient pas faire autre chose et qui vont faire ça », élabore la présidente du Regroupement des CPE de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, Marie-Andrée Gendron.

La pénurie est telle dans certaines régions, qu’à La Tuque, une dérogation a dû être accordée par le ministère de la Famille, face à l'impossibilité de respecter les ratios d’éducatrices formées.

Plein emploi pour les étudiantes

La coordonnatrice des stages au Collège Laflèche, Julie Bergevin, reçoit de nombreuses demandes pour les finissantes ou anciennes étudiantes. Le collège enregistre actuellement un taux de placement de 100 % pour ses étudiantes.

« Je communique avec des directrices tant à Drummondville que sur la Rive-Sud de Montréal ou dans le coin de Shawinigan et c'est ce que j'entends partout. Le ratio d'éducatrices formées en service de garde, c'est deux éducatrices sur trois, donc ils ont besoin vraiment d'en avoir des formées », élabore la coordonnatrice des stages de technique d’éducation à l’enfance au Collège Laflèche, Julie Bergevin.

Pour les finissantes de technique d’éducation à l’enfance dans la région, la pénurie est réjouissante pour des perspectives d’emplois.

« Oui, c'est encourageant, parce que je finis cette année, donc après c’est sûr que ça va être plus facile de se trouver un poste que ce soit comme remplaçante ou plus », indique une finissante, Vivianne Jutras.

Avec la baisse démographique dans le réseau collégial actuellement, le nombre d’étudiantes inscrites est aussi en baisse.

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