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Grève des infirmières : témoignage d'une travailleuse débordée

« Si c'était à refaire, dans les conditions d'aujourd'hui, non je ne le referais pas », raconte une infirmière qui a accepté de se confier sous le couvert de l'anonymat. Cette femme de la Mauricie, qui est infirmière depuis plus de 10 ans et mère monoparentale, avoue du même souffle que même si son travail est sa passion, sans ses enfants, elle retournerait à l'école pour changer de domaine.

Un texte de Claudie Simard

Elle a accepté de parler, mais ne veut pas être identifiée pour ne pas envenimer ses relations avec son employeur, surtout en période de négociations. Les infirmières de la Mauricie et du Centre-du-Québec feront la grève le 28 octobre prochain pour protester contre la lenteur des négociations avec Québec et pour dénoncer leurs conditions de travail. 

Cette infirmière a choisi sa profession parce qu'elle se disait qu'elle ne manquerait jamais de travail. Elle était loin d'imaginer la surcharge de travail qu'elle dénonce aujourd'hui. « Les patients ont de plus en plus de pathologies : des blessures, mais aussi de l'Alzheimer, ils sont parfois en fauteuils roulants ». À ses débuts, la situation n'était pas la même, selon elle. Elle estime avoir de plus en plus de paperasse à remplir et un ratio patient/infirmière plus élevé.

« Avant, on avait 6 patients par jour et l'infirmière auxiliaire 5 ou 6. Maintenant on en a 14 à deux, on les voit tous », déplore cette femme.

Elle craint une augmentation des erreurs médicales dues à la fatigue et aux heures supplémentaires obligatoires. « Avant le personnel en congé était remplacé, des fois on commence le quart de travail en se faisant dire qu'on n'a pas trouvé personne et qu'on est -1 sur le plancher aujourd'hui. »

Cette quadragénaire affirme que si elle avait su, elle aurait fait un autre choix. Elle le dit clairement aux jeunes qui lui posent la question.

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