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Il est urgent que Québec encadre l'utilisation des caméras vidéo dans les CHSLD, conclut un comité d'éthique

Le Comité national d'éthique sur le vieillissement propose d'encadrer l'utilisation des caméras de surveillance dans les Centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).

Ce comité avait été mandaté en octobre dernier par la ministre de la Famille, également responsable des Aînés, Francine Charbonneau, et son collègue de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, en octobre 2014.

Le comité conclut que son examen détaillé de la situation l'amène à constater que « l'encadrement normatif actuel et les politiques publiques à l'égard des personnes âgées ne sont pas adaptés pour répondre aux multiples préoccupations que soulève l'installation de dispositifs de surveillance des personnes âgées ».

Le comité considère donc qu'il est « urgent et nécessaire » que le ministère de la Santé et des Services sociaux élabore une politique pour baliser l'installation et l'utilisation des caméras vidéo auprès des personnes âgées qui résident en hébergement parce qu'actuellement, « chacun gère ça de la façon qu'il le juge à propos », constate son président, George Lalande.

Le comité précise une série d'éléments à considérer lors de l'élaboration du cadre règlementaire notamment que toute politique, norme ou balise développée doit s'appuyer sur « le souci de recherche d'un sain équilibre entre le droit à la vie privée et le droit à la sécurité ».

Voici ses principales recommandations :

  • S'assurer qu'il y a un véritable problème avant de permettre l'utilisation de caméras;
  • Obtenir le consentement du bénéficiaire ou de son tuteur;
  • Limiter la diffusion des images.

Le comité souhaite aussi que le gouvernement se penche sur les problèmes de fond concernant l'hébergement des personnes âgées. Il ne faudrait pas, dit-il, qu'on utilise les caméras pour compenser un niveau de service inadéquat. Le comité souhaite en outre que le réseau raffine le processus de traitement des plaintes.

Interrogé sur ces recommandations, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s'est dit favorable à leur application, soulignant toutefois que le dossier relevait de la ministre responsable des Aînés, Francine Charbonneau.

Réaction de Johanne Panneton

Cette nouvelle a fait réagir Johanne Panneton, dont la vidéo montrant deux résidents gisant au sol après être tombés de leur lit à la résidence Cooke à Trois-Rivières a fait le tour du Québec. Johanne Panneton avait filmé la scène alors qu'elle rendait visite sa mère en juillet dernier. 

Johanne Panneton croit que l'installation de caméras de surveillance dans les corridors peut être une bonne idée, mais elle s'inquiète du fait que l'argent qui irait pour les acheter ne serait pas investi en services pour les résidents. Elle dit aussi craindre que ces caméras deviennent un instrument pour pallier le manque de personnel.

Johanne Panneton ne croit pas que l'installation de caméras dans les chambres soit la meilleure solution pour mettre fin à la maltraitance dans les centres d'hébergement.

« C'est sûr qu'en sachant qu'il y a une caméra, tout le monde va se tenir tranquille. [...] Non moi je ne suis pas d'accord avec ça, dit-elle. Si on le sait, c'est certain que les mauvais traitements vont se faire d'une autre façon. Là encore, moi si je doutais que ma mère avait des mauvais traitements, c'est certain que je le ferais [filmer la scène]. Je n'hésiterais pas à le faire, mais je n'aviserais pas personne. »

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