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Intimidation d'une journaliste : de la « misogynie répugnante », selon Julie Miville-Dechêne

La présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dechêne, dénonce le comportement de l'ex-ministre Guy Julien à l'endroit d'une journaliste de Radio-Canada et qualifie son comportement de paternaliste et misogyne.

Elle a d'abord réagi à la nouvelle sur Twitter, puis - en entrevue à Radio-Canada - elle s'est dite vraiment choquée.

« Il ne s'en est pas tenu à faire de l'intimidation. En plus, il a passé sa main [autour de son épaule]. Donc, il a violé son intimité, a-t-elle décrié. Il a utilisé son pouvoir d'homme, de notable de la place, pour l'intimider physiquement et ensuite, il lui a dit "vous avez grossi". »

Jeudi dernier, Guy Julien a profité de la présence de la journaliste Marie-Claude Julien lors d'un point de presse pour faire des commentaires sur son apparence physique.

Mme Julien a mis au jour l'histoire de la bisbille entourant une rémunération accordée au président de l'organisme Groupe RCM, Yvon Picotte, ainsi qu'au vice-président Guy Julien. Ce dernier a d'abord confié à la journaliste que cette histoire était « une des pires affaires de salissage de sa vie » avant de lui mentionner qu'elle avait engraissé.

« Je te regardais à la télé la semaine passée, pis t'as grossi, toi. T'as engraissé », lui a mentionné l'ex-ministre péquiste.

Mme Miville-Dechêne a poursuivi en affirmant que la presse est libre et que cette façon de faire est « tout ce qu'il ne faut pas faire, en 2015, quand on est insatisfait du travail d'une journaliste ». Pour la présidente du Conseil du statut de la femme, le comble est que M. Julien s'en est vanté à son collègue Yvon Picotte par la suite.

Paternalisme et misogynie

Elle se dit convaincue que M. Julien n'aurait pas agi de la même façon avec un homme. « J'imagine que si le journaliste [...] avait été un homme probablement que M. Julien se serait cru autorisé d'aller lui dire que c'était une campagne de salissage. Mais, tout ce qui a suivi était amplifié parce que la journaliste était une femme. [...] C'est le genre de chose qu'on ne fait pas. Le corps des femmes, et le corps des hommes aussi d'ailleurs, n'est pas un objet public. »

Julie Miville-Dechêne croit que l'ex-ministre devrait au minimum s'excuser. « C'est inacceptable pour moi qui est non seulement présidente du Conseil du statut de la femme, mais qui est une ancienne journaliste, dit-elle. Je considère qu'à tous les niveaux, M. Julien a dépassé les bornes. »

Elle ajoute que le fait que Guy Julien soit un ancien ministre « empire sa situation parce que normalement il devrait être habitué à la critique ».

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