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Jeune gai tabassé à Saint-Tite : le suspect détenu

Jérémie Roy, 20 ans, a été formellement accusé jeudi de voies de fait armées et de voies de fait causant des lésions. Il aurait tabassé Mathieu Grégoire lors du Festival western de Saint-Tite en septembre dernier. Il demeurera détenu jusqu'à son retour en cour le 11 novembre.

Un texte de Michelle Raza et de Pierre-André Cloutier

La Couronne s'est objectée à sa remise en liberté. Jérémie Roy est connu des milieux policiers. Il doit d'ailleurs revenir en cour pour sept autres dossiers, notamment de bris de condition, de possession de cannabis et de possession d'armes.

Les policiers de la Sûreté du Québec ont arrêté Jérémie Roy à Chibougamau. Il a comparu jeudi après-midi au palais de justice de Chibougamau. 

Mathieu Grégoire se dit très heureux que son présumé agresseur ait été arrêté. C'est sa soeur qui a reconnu l'accusé sur une photo, puis elle s'est effondrée en larmes ajoute Mathieu Grégoire. Selon lui, il ne fait aucun doute que son agression était un acte homophobe.

Agression à coups de bouteille

Le soir du 19 septembre dernier, Mathieu Grégoire a été sauvagement attaqué à coups de bouteille au visage alors qu'il circulait dans les rues de Saint-Tite avec sa sœur.

Deux hommes ont sifflé cette dernière et ont tenu des propos désobligeants. Mathieu Grégoire est intervenu et a interpellé l'un des hommes en lui disant qu'il était « crissement chaud ».

« Le gars a compris que je lui disais qu'il était saoul et que je voulais l'insulter », a-t-il expliqué dans les jours suivant l'incident. La tension a monté d'un cran. Pour calmer le jeu, la soeur de Mathieu Grégoire a expliqué à l'homme que son frère, un gai, était sous l'effet de l'alcool et qu'il voulait simplement le complimenter. « J'ai entendu le gars marmonner : "Ark", dit Mathieu Grégoire. [...] La dernière chose que je me rappelle, c'est l'entendre dire : "Eille, criss de fif." »

Mathieu Grégoire a perdu connaissance après avoir été frappé. Il a subi une commotion cérébrale et plusieurs blessures.

Une vague de soutien qui se poursuit

Dans les jours qui ont suivi l'agression, Mathieu Grégoire a dénoncé ce qu'il considère comme un geste homophobe. « Je ne suis pas quelqu'un de rancunier dans la vie, j'en veux pas nécessairement à ce gars-là, j'en veux à la population, j'en veux à l'homophobie en général », avait-il alors déclaré.

Le jeune homme de 21 ans a fait l'objet d'une vague de soutien à la grandeur du Québec. Le 23 septembre, les élus de l'Assemblée nationale ont adopté à l'unanimité une motion qui condamne la violence qu'il a subie. 

Un zumbathon contre l'homophobie et l'intimidation organisé par la Fondation Jasmin Roy et le GRIS Mauricie/Centre-du-Québec doit aussi avoir lieu ce samedi à l'Université du Québec à Trois-Rivières.

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