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L’agrile du frêne pourrait menacer une pratique abénakise ancestrale

Alors que l'agrile du frêne fait des ravages un peu partout au Québec, les Abénakis d'Odanak craignent la disparition des arbres qu'ils utilisent pour la fabrication de paniers, un savoir-faire transmis de génération en génération dans la communauté.

Annette Nolet fabrique des paniers de frêne depuis des années. Une méthode qui lui a été transmise par sa mère. « Pour la perpétuité de cette activité-là, c'est clair que l'approvisionnement de frênes noirs est essentiel », dit Suzie O’Bomsawin, directrice du Ndakinna, l’entité qui s’occupe de la gestion de l’environnement et de l’aménagement du territoire au Grand Conseil de la nation Waban-Aki.

Une matière irremplaçable

Le bois de frêne noir est le seul qui soit assez flexible pour être utilisé dans la fabrication de paniers traditionnels. L’agrile du frêne n’a pas encore été détecté dans le secteur de Nicolet-Yamaska, où se situe la communauté d'Odanak, mais selon l'Agence canadienne d'inspection des aliments, ça ne saurait tarder.

« Quand toutes ces zones-là vont être visées également, il va falloir trouver des alternatives, et il n'y en aura certainement pas des millions », indique le gestionnaire foncier d’Odanak, Michel Durand-Nolet.

Éviter l'abattage préventif

Les Abénakis souhaitent préserver les frênes et éviter qu'ils soient abattus, comme ce fut le cas dans plusieurs villes pour limiter la propagation.

« Quand le frêne est attaqué par l'agrile, oui, on peut l'abattre, mais ce n'est pas la bonne idée d'abattre l'autre frêne à côté qui lui, est encore sain, croit Michel Durand-Nolet. Dans la composition chimique de chaque plante, on retrouve des insecticides naturels et les arbres finissent par se défendre eux-mêmes. »

Michel Durand-Nolet souhaite que les connaissances que détient son peuple soient mises à profit dans la gestion de l'insecte ravageur.

L'Agence canadienne d'inspection des aliments invite quant à elle ceux qui croient détenir des informations utiles sur l'agrile de frêne à communiquer avec elle et à transmettre les connaissances qu'ils détiennent pour venir à bout de cet indésirable.

Avec les informations de Jennifer O'Bomsawin.

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