Retour

L'Aluminerie de Bécancour poursuit le syndicat des Métallos pour 19 M$

La direction de l'Aluminerie de Bécancour (ABI) considère que les moyens de pression entrepris par les employés avant le déclenchement du lock-out lui ont causé des dommages et évalue ses pertes à 19 millions de dollars.

Dans un grief en dommages-intérêts transmis au syndicat mardi, la direction de l’ABI réclame cette somme en raison « des actions et comportements illégaux » du syndicat, des officiers et de certains de ses membres, peut-on lire dans le document.

Ces actions des travailleurs se seraient produites entre le 5 octobre et le 11 janvier dernier, jour du décret du lock-out.

ABI reproche notamment à ses travailleurs des arrêts de travail concertés, des refus d'effectuer des heures supplémentaires et des ralentissements de travail.

« Des ralentissements de travail et de nombreux incidents qui ont retardé la production se sont produits. Il y a eu de nombreux bris inexpliqués, des prétextes pour retarder le travail, des mauvaises méthodes de travail, des événements équivalents à une grève du zèle, des erreurs grossières inexplicables, le tout constituant manifestement des gestes illégaux visant à retarder la bonne marche des opérations de ABI », peut-on lire dans le grief.

Ces moyens de pression auraient provoqué des retards dans les coulées allant jusqu'à près de 3000 tonnes métriques.

De son côté, le président de la section locale 9700 du syndicat des Métallos, Clément Masse, réfute ces allégations. Il estime qu'il s'agit d'une stratégie de l'employeur pour intimider les travailleurs sur la ligne de piquetage. Il compare le grief à une poursuite bâillon.

« On n’est pas surpris de ça de l’employeur. Il cherche une raison pour justifier son lock-out. C’est une façon de faire porter l’odieux sur le dos des travailleurs », fait-il valoir.

Le syndicat des Métallos compte se défendre devant un arbitre si le grief se rend jusqu'à cette étape.

Quant à la direction d'ABI, elle n'a pas souhaité nous accorder d'entrevue. « Étant donné le processus légal en cours, nous ne ferons pas de commentaire à ce sujet », a répondu l'entreprise par courriel.

Avec les informations de Sarah Désilets-Rousseau

Plus d'articles