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L'École nationale de police du Québec réagit à la mort du policier à Lac-Simon

Les drapeaux sont en berne à l'École nationale de police du Québec où le policier Thierry LeRoux, abattu à Lac-Simon, avait obtenu son diplôme en 2013. Le drame ébranle l'ENPQ et amène l'institution à se questionner sur ses programmes de formation.

Le directeur des affaires institutionnelles et des communications de l'École, Pierre Saint-Antoine, croit que le jeune policier avait reçu la formation adéquate pour effectuer son travail dans une réserve autochtone.

« L'ensemble des éléments de formation [...] à l'ENPQ prépare tout à fait adéquatement les diplômés à intervenir dans le cadre de toutes situations de crise ou de situation à risque. », dit-il.

Il existe un programme dédié aux Autochtones à l'École nationale de police du Québec située à Nicolet. Les étudiants y reçoivent de l'enseignement adapté aux réalités dans les réserves. Thierry LeRoux avait plutôt suivi la formation traditionnelle, selon Pierre Saint-Antoine, directeur des communications de l'ENPQ.

« La formation autochtone est équivalente, à la différence qu'il y a des éléments complémentaires qui y sont abordés, entre autres, deux séminaires par l'Association des femmes autochtones concernant une meilleure compréhension de la réalité autochtone québécoise », précise M. Saint-Antoine.

« Mais sur le plan de l'intervention tactique, physique, de l'emploi de la force, tout ce qui est intervention policière en situation de crise, escalade, gestion de stress, les programmes autochtones et réguliers sont équivalents. »

Selon Pierre Saint-Antoine, « c'est aussi la responsabilité du corps de police d'accueil que d'assurer une intégration des nouveaux policiers dans le cadre de leur réalité [...] que ce soit en milieu autochtone ou dans n'importe quel milieu des corps de police au Québec. »

Un comité interne a été mis en place pour étudier les circonstances de la mort du policier de 26 ans, comme c'est toujours le cas lorsque de tels événements surviennent.

L'objectif est de voir « si oui ou non, sur le plan de la formation, il n'y aurait pas des éléments d'amélioration que l'on pourrait intégrer », explique le porte-parole de l'École.

Un livre de signatures a été mis à la disposition des élèves et du personnel pour rendre hommage au jeune policier. Il sera remis à la famille de Thierry LeRoux, qui faisait partie de la 143e promotion de cette école.

De plus, l'École a mis ses drapeaux en berne et, dans le hall d'entrée, le drapeau de l'ENPQ est drapé de noir.

Un expert de Nicolet à Lac-Simon

Le travailleur social Michel Oligny se déplacera à Lac-Simon cette semaine pour aider les collègues de Thierry LeRoux à traverser cette épreuve. Il affirme s'y rendre à la demande du chef de police de Lac-Simon, Martin Thibault.

Michel Oligny, lui-même un ancien policier de la Sûreté du Québec, croit que les coéquipiers du jeune homme tireront des leçons de ce drame. Ils seront encore plus conscients des risques du métier.

Michel Oligny dit avoir l'habitude d'intervenir dans les réserves autochtones. Il se spécialise notamment dans le syndrome du stress post-traumatique.

Avec les informations de Maude Montembeault

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