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L'espoir de s'enrichir en cultivant des mauvaises herbes

Tous ceux qui investissent dans la culture d'asclépiade l'admettent, il faut être un peu fou pour se lancer dans cette aventure. Cependant, ils y croient. À preuve, plus de 150 personnes se sont rassemblées vendredi à Bécancour à l'occasion du premier Symposium international de la soie d'Amérique. Québec évoque même la possibilité d'injecter de l'argent.

Un texte de Marie-Pier Bouchard

L'asclépiade, cette plante aux propriétés absorbantes et isolantes, a longtemps été considérée comme une mauvaise herbe.

Aujourd’hui, avec les qualités qu'on lui connaît, elle représente plus que jamais l'espoir de diversifier l'économie de certaines régions du Québec, selon le directeur général de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC), Robert Laplante.

C'est une occasion à saisir pour relancer les milieux ruraux et en particulier les milieux ruraux en difficulté.

Robert Laplante, directeur général de l'IREC

« L'asclépiade a cette particularité de pouvoir se développer sur des sols qui sont moins avantageux pour d'autres types de productions », a-t-il mentionné lors du premier Symposium international de la soie d’Amérique.

La patience nécessaire pour espérer un retour sur l’investissement ne semble pas décourager les participants.

« C’est pour moi d’aller vers l'innovation », lance un jeune charpentier de formation qui est arrivé du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Sabin Tremblay suit le dossier de près depuis environ deux ans. Il cherchait une façon plus innovatrice d’investir et de devenir entrepreneur.

On prend le train, en sachant qu'il y a de grandes possibilités.

Sabin Tremblay, entrepreneur

Comme d’autres Québécois, il consacrera un lopin de terre à la culture de l’asclépiade.

Soutien de Québec

La députée de Laviolette et ministre du Tourisme responsable de la région de la Mauricie, Julie Boulet, a fait acte de présence à l’événement pour encourager les gens impliqués à persévérer.

Dieu sait qu'en termes de diversification économique, on en a grandement besoin.

Julie Boulet, députée de Laviolette et ministre du Tourisme responsable de la région de la Mauricie

Selon elle, plusieurs ministères de son gouvernement pourraient un jour offrir un soutien financier, mais les preuves devront être convaincantes.

« Le gouvernement est à l'écoute et sensible à tout ça et si ce projet-là se développe de plus en plus et s'il se structure davantage, on sera là pour soutenir les initiatives qui porteront fruits dans nos secteurs », mentionne-t-elle.

Un événement international

L’organisateur de ce premier événement est Daniel Allard, le président de la Coopérative Monark, une organisation qui rassemble des membres qui veulent développer l'asclépiade.

Cinq ans après s’être lancé dans cette aventure à Saint-Tite, en Mauricie, il est plus que convaincu du succès à venir de ce projet.

Je le dis souvent, je ne suis pas un mécène, je suis plutôt proche de mes cents. Si ce projet-là n'avait pas un potentiel de retour intéressant, ma ferme reculerait.

Daniel Allard, président de la Coopérative Monark

Il a ainsi voulu rassembler agriculteurs, agronomes et acteurs économiques afin de mettre en commun les expériences de tous.

Des gens des quatre coins du Québec, de l’Ontario, des États-Unis, mais aussi du Mexique ont répondu à son appel.

Une participation de plus de 150 personnes qui dépasse ses attentes.

Il reste tout de même certains défis à relever, comme attirer encore plus de cultivateurs et s’assurer d’avoir l’espace de stockage nécessaire pour les récoltes des prochaines années.

M. Allard affirme que la bâtisse des Industries Encore 3, une usine de transformation d’asclépiade basée à Saint-Tite, ne suffira plus.

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