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L'heure de la déportation a sonné pour Abou Fofana, un Ivoirien vivant à Trois-Rivières

Après des années de bataille, la famille d'Abou Fofana doit se résigner à sa déportation. Les dernières demandes de sursis n'ont rien donné. L'avion ramenant ce résident de Trois-Rivières dans son pays d'origine décolle lundi soir.

En 2013, le gouvernement canadien a déclaré qu'il soupçonnait Abou Fofana d'avoir participé à des crimes de guerre en Côte d'Ivoire, ce que l'homme dément. Lorsqu'il a appris que sa déportation était imminente cet été, Abou Fofana a tenté de s'enfuir. Il a finalement été arrêté il y a deux semaines.

Lundi, la conjointe d'Abou Fofana a fait les valises de son mari et père de leurs trois enfants dans l'espoir de ne pas avoir besoin de les lui remettre. Geneviève Trottier s'est rendue au centre de détention de Laval où elle a pu le voir avant son départ.

Geneviève Trottier tente de voir le positif dans la situation, notamment le fait qu'Abou Fofana, arrivé au Canada en 2008, pourra revoir son fils qui habite en Côte d'Ivoire. « Au départ, il va être content de revoir sa mère, de voir son fils, de le connaître parce qu'en fait, [son fils] était bébé quand il a quitté [son pays], ils se parlent au téléphone et sur Skype, mais ce n'est pas pareil. »

Fardeau de la preuve

Sa famille comptait plusieurs appuis, dont le député fédéral Robert Aubin, qui a tenté d'obtenir un sursis du gouvernement canadien jusqu'à la dernière minute. 

Le néo-démocrate explique que le juge du ministère de l'Immigration n'avait pas besoin d'une preuve hors de tout doute raisonnable pour émettre un avis de déportation, « il avait besoin d'avoir des doutes sérieux que monsieur a commis les gestes ».

L'avocat de M. Fofana, Stewart Istvanffy, est convaincu que des erreurs ont été commises dans le dossier. Il croit que son client est victime d'une « culpabilité par association ».

« M. Fofana était membre des Forces nouvelles, [une formation] qui est maintenant au pouvoir avec le gouvernement actuel en Côte d'Ivoire, et c'est sûr que tous les membres de cette milice-là n'ont pas participé à des crimes », affirme-t-il.

Le ministère d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada n'a pas voulu nous accorder d'entrevue à ce sujet.

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