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L'industrie de la mort pour animaux en croissance

L'industrie de la mort pour animaux reste encore méconnue au Québec, mais elle est en croissance. Les produits funéraires se diversifient et les vétérinaires dirigent de plus en plus leurs clients vers des services de deuil. Le premier crématorium pour animaux du Québec a vu le jour il y a près d'un quart de siècle. Il est situé à Berthierville.

Un texte de Marie-Ève Trudel

« De plus en plus de gens ont recours à ce service, ça devient de plus en plus populaire », dit Katy Loiselle, copropriétaire du crématorium pour animaux Incimal.

Parmi les services offerts, il est possible de conserver l'empreinte de son compagnon, d'en recueillir les cendres et même d'exposer son animal.

« C'est moins cérémonieux [qu'au salon funéraire], mais il y a l'approche, l'accueil, l'empathie, dit Katy Loiselle. Le volet empathie est très important parce que le client se sent souvent seul. Il se demande si c'est normal de procéder à un tel service ».

Il faut débourser environ 60 $ pour une empreinte, entre 16 $ et 300 $ pour une urne et quelque 400 $ pour un service de crémation assistée.

« Il n'y a pas de jugement, moi ça me permet de vivre ma peine », dit une fidèle cliente, Monik Drolet. L'éleveuse au Manoir des Majestés à Beaumont a perdu neuf chiens au fil des ans. Pour elle, ça vaut le déplacement et le coût. « C'est abordable », dit-elle.

Les services de crémation sont offerts pour tous types d'animaux domestiques : chats, chiens, oiseaux, lapins, souris, lézards et même poissons.

« On va suivre de près ce qui se fait dans l'industrie pour offrir toujours des nouveaux thèmes aux clients », dit Katy Loiselle.

Les vétérinaires et les refuges pour animaux

Pour répondre à la demande, la SPA Mauricie songe depuis quelques années à développer un projet d'incinérateur. D'ici là, les animaux qui meurent sur place se retrouvent au dépotoir pour y être enfouis. Le projet est mis sur pause dit la porte-parole des communications, Sarah-Lise Hamel, puisqu'un projet de centre d’adoption a été jugé prioritaire.

Pour les membres de l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec, il n'est pas permis de rejeter les carcasses animales aux déchets pour des raisons éthiques et environnementales, en vertu du Code de déontologie de l'OMVQ et du Règlement sur les déchets biomédicaux.

Les médecins vétérinaires sont donc tenus de faire affaire avec des crématoriums pour animaux. Ils sont aussi de plus en plus nombreux à aménager des salles de deuil, qui exposent un échantillon de produits funéraires.

« Ça fait cinq ans qu'on se sert du salon de deuil, on s'en sert pour les familles, pour les euthanasies assistées », résume Cloé Gervais St-Cyr de l'hôpital vétérinaire de Houssard à Trois-Rivières.

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