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« L'UQTR avait perdu le contôle de ses finances », a affirmé l'ex-vice-recteur Gilles Charland devant la CRT

La situation financière de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) était « inquiétante » à l'automne 2013, selon son ancien vice-recteur aux ressources humaines, Gilles Charland.

C'est ce qu'a affirmé l'ex-cadre lors du début de son témoignage devant la Commission des relations du travail, jeudi. Gilles Charland est visé par une plainte de harcèlement psychologique de la part de l'ex-directeur du service de l'équipement Alain Fournier.

Un texte d'Amélie Desmarais

Québec exigeait alors de l'UQTR des compressions budgétaires de près de 9 millions $ sur 2 ans, a rappelé l'ex vice-recteur.

« On payait des dépenses à même le buget qui auraient dues être des emprunts ce qui fait qu'en juillet 2013, Johanne Giguère est venue me dire qu'il restait seulement 458,37$ dans le compte de l'UQTR », a raconté Gilles Charland. La vice-rectrice aux finances et à l'administration, Johanne Giguère, était en poste depuis environ un mois.

M. Charland a expliqué avoir fait des représentations auprès du siège social de l'Université du Québec, avec Mme Giguère de même qu'avec la rectrice Nadia Ghazzali pour trouver des solutions. C'est dans ces circonstances que l'UQTR a fait passer sa marge de crédit de 15 millions $ à 18 millions, en mars, puis à 30 millions, avec l'autorisation du ministère, selon lui.

Gilles Charland a raconté comment la situation financière de l'établissement a continué à se dégrader.

« À l'automne 2013, ça s'est mis à débouler, a affirmé Gilles Charland devant la commissaire Lyne Thériault. On ne savait jamais quelle tuile allait nous tomber sur la tête. »

CIPP et une dette de 20 millions $

L'ex-vice-recteur aux ressources humaines est aussi revenu sur le litige entourant le Centre intégré en pâtes et papiers de Trois-Rivières (CIPP). À l'automne 2013, la Ville de Trois-Rivières menaçait de saisir le bâtiment, situé sur le terrain de l'Université et dont les locaux étaient occupés par le Cégep et l'UQTR, parce que le CIPP lui devait 6,4 millions $ de taxes impayées.

« Le scénario qui était mis de l'avant par le Conseil du trésor était de mettre en faillite le CIPP, puis l'UQTR en devenait responsable et se retrouvait avec une dette de 20 millions $ », a-t-il affirmé.

« On ramait dans la gravelle »

Gilles Charland a expliqué que c'est en raison de tous ces problèmes que de nombreux mandats ont été confiés à des conseillers à l'externe comme « Raymond Chabot Grant Thornton, Maninge Groupe-Conseil et plusieurs bureaux d'avocats ». 

Celui qui a été vice-recteur à l'UQTR de 2012 à 2014 a précisé que l'équipe de direction a pris la décision de dénoncer ses états financiers au contrôleur des finances du gouvernement. « On ramait dans la gravelle constamment à cette période-là. Un rapport de Mme Giguère démontrait qu'on avait perdu le contrôle de nos finances », a-t-il lancé.

Le témoignage de Gilles Charland se poursuit vendredi devant la Commission des relations du travail. Alain Fournier, l'ex-directeur du service de l'équipement, conteste son congédiement et accuse Gilles Charland et Johanne Giguère de harcèlement psychologique à son endroit.

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