L'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) a décrété un lock-out pour ses quelque 440 professeurs. Il entre en vigueur dès le 2 mai.

À partir de mercredi, tous les cours donnés par les professeurs sont suspendus jusqu'à la fin du lock-out, explique la direction.

Les cours offerts par les chargés de cours sont quant à eux maintenus. La session d'hiver est maintenant terminée, donc l'impact immédiat se fera sentir sur les étudiants inscrits à la session d'été.

« Devant l’impasse du processus de négociation sur plusieurs enjeux importants, dont les salaires, le plancher d’emploi et la tâche, le conseil d’administration a dû prendre une décision difficile, mais responsable, car inévitable dans les circonstances », peut-on lire dans le communiqué publié par l'Université mardi soir.

Dans un autre communiqué envoyé aux étudiants, la direction de l'UQTR a expliqué que le lock-out, qu'elle qualifie de « mesure extraordinaire », « était devenu la seule solution responsable afin de mener à bien le plan de redressement de l'UQTR et préserver sa mission d'enseignement et de recherche. »

Le recteur McMahon s'explique

Le recteur de l'UQTR, Daniel McMahon, a expliqué mercredi matin que la décision du conseil d’administration de l’établissement de déclencher un lock-out a été motivée par la menace de jours de grève du syndicat des professeurs.

« Il fallait absolument provoquer une négociation plus rapide, a justifié le recteur McMahon.

Le syndicat surpris par l'annonce du lock-out

Le syndicat qui représente les professeurs a été surpris par l'annonce du lock-out. Jusqu'à mardi soir, il s'attendait à poursuivre les négociations. Le porte-parole du comité de négociations pour le syndicat, René Lesage, croyait recevoir sous peu de nouvelles dates de rencontre avec la direction.

« C'est une réaction émotive, de panique [de la part de l'UQTR] », soutient le représentant syndical. Il craint que les étudiants ne choisissent d'aller à une autre université que l'UQTR à la prochaine rentrée scolaire si le lock-out ne prend pas fin rapidement.

« Il va de soi que nous avons la ferme intention de poursuivre la négociation avec les représentants de la partie syndicale sur la base d’une compréhension commune de la situation réelle de notre université et des enjeux auxquels toute la communauté universitaire doit faire face », peut-on lire dans le communiqué de l'UQTR.

Certains cours suspendus, d'autres maintenus

La direction de l’UQTR a envoyé par courriel à ses étudiants certaines directives dans le contexte du lock-out.

Elle leur a notamment dit que les cours dispensés par des chargés de cours auront lieu selon l'horaire prévu. En revanche, en raison du lock-out, toutes les activités d'enseignement assumées par des professeurs et professeures sont suspendues.

L’UQTR a demandé à ses étudiants de ne pas se présenter aux cours assumés par des professeurs.

L’établissement a recommandé aux étudiants de vérifier sur le site du répertoire de cours si leurs cours sont donnés par des professeurs ou par des chargés de cours.

L’Université a également informé ses étudiants qu’il est interdit pour un chargé de cours d'accepter dans son groupe des étudiants qui sont inscrits dans un groupe assigné à un professeur.

Historique des négociations

La convention collective des professeurs est échue depuis le 31 mai 2017.

En juin dernier, les professeurs ont rejeté une première proposition de l'employeur à 94 %.

Depuis janvier, les négociations entre les deux parties se déroulent en présence d'un conciliateur nommé par le ministère du Travail.

Dans une en assemblée générale prévue pour le 6 juin, les professeurs de l'UQTR devaient se prononcer sur la tenue d'une grève de 20 jours.

Il s'agissait d'une recommandation de l'exécutif syndical, qui jugeait que les négociations avec la partie patronale n'avaient pas donné le résultat escompté.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Recettes de Noël - Ragoût de boulettes de dinde et épinards