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L'UQTR obtient une chaire de recherche en histoire des loisirs

À quoi jouaient les gens dans leurs temps libres entre la Renaissance et la révolution industrielle? Comment sont nés les loisirs? Qui a choisi d'investir dans le monde du divertissement? Le professeur d'histoire à l'UQTR, Laurent Turcot, aura l'occasion de se pencher sur ces questions puisqu'il vient d'obtenir la nouvelle Chaire du Canada en histoire des loisirs et des divertissements.

Un texte d'Alexandre Duval

Laurent Turcot sait qu'aux yeux de plusieurs, les loisirs et les divertissements représentent un domaine de recherche qui peut sembler futile. Il ne partage toutefois pas leur avis.

« Les loisirs ont un impact majeur dans l'histoire, dit-il. On oublie souvent qu'on est dans ce qu'on appelle la société du spectacle, la société des loisirs [...] Le sport est un vecteur économique extrêmement fort, mais contrairement à ce qu'on pense, ce n'est pas né au 19e ou au 20e siècle. »

Sa chaire de recherche aura le mandat de remonter dans le temps pour étudier la naissance de cette culture des loisirs, de la Renaissance jusqu'à la révolution industrielle. Laurent Turcot soutient qu'il s'agit d'un créneau encore peu exploré.

« Il y a un manque du point de vue de la recherche. Du 16e au début du 19e siècle, on a l'impression qu'il ne se passe plus rien, que les hommes n'ont plus de loisirs, qu'ils ne font plus de sport. Pourtant, quand on regarde ne serait-ce que l'exemple français, c'est à cette époque-là que Molière développe son théâtre! »

Plusieurs projets jusqu'en 2020

Grâce à la subvention de 500 000 $ dont bénéficiera la Chaire pour les 5 prochaines années, Laurent Turcot et son équipe pourront mener plusieurs projets de recherche, attirer des conférenciers et contribuer aux travaux d'étudiants à la maîtrise et au doctorat, notamment.

La liste des questions qui pourront être abordées est longue. « Quand on arrive au 17e, 18e siècles, on passe dans des espaces que sont la taverne, que sont les cafés ou que sont encore [...] les théâtres. On ne sait pas quel genre de pièces jouaient, qui y allait, dans quelles circonstances! Un des buts de la Chaire, c'est de révéler les origines de notre société du spectacle », illustre Laurent Turcot.

Ce dernier rappelle qu'avant l'avènement des grands consortiums du divertissement, des hommes et des femmes ont tout bonnement choisi de se lancer « dans l'entreprise privée pour le simple plaisir de capitaliser, de faire de l'argent dans ces espaces de loisirs ». « L'industrie du loisir a une histoire », dit-il.

Pour retracer les origines de cette société du spectacle tant en Europe qu'au Canada, Laurent Turcot compte exploiter les archives des services de police, des documents municipaux ou des mémoires, par exemple.

Des chercheurs d'autres pays tels que les États-Unis, l'Angleterre, l'Italie, la Belgique et la France se grefferont aux efforts du professeur Turcot à l'occasion de certains partenariats.

Avec les informations de Jean-Philippe Nadeau.

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