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La bataille pour l'eau potable de citoyens contre le MTQ

Un groupe de résidents de Saint-Étienne-des-Grès, en Mauricie, bataille ferme pour obtenir ce qui va de soi pour la vaste majorité des gens : l'eau potable. Leur puits est contaminé par les sels de déglaçage. Le ministère des Transports connaît le problème depuis longtemps, mais il a fallu un lanceur d'alerte pour les aviser.

Un texte d'Esther Normand à La facture

Pour Claudette Champagne et Gilles Corriveau, boire un verre d'eau du robinet n'est plus qu'un vague souvenir. Pour avoir de l'eau potable, ils doivent aller la puiser à la source, car l'eau de leur puits est trop salée. Récemment, ils ont appris pourquoi : les sels de déglaçage qui sont épandus sur l'autoroute 55, tout près de chez eux, ont contaminé leur puits.

En plus d'être imbuvable, l'eau salée abîme leurs tuyaux. « Les tuyaux ont commencé à se perforer », raconte Gilles Corriveau.

Lanceur d'alerte

En 2007, le propriétaire de la Pépinière 55, Réjean Lapointe, a vu ses plantes mourir brusquement. Le ministère des Transports du Québec (MTQ) a reconnu que ses sels de déglaçage contaminaient son puits.

Le MTQ lui a alors payé un nouveau puits, mais, deux ans plus tard, ce puits était à son tour contaminé. Cette fois, le ministère a refusé de payer.

M. Lapointe exige aujourd'hui que le MTQ lui fournisse de la bonne eau et le dédommage pour ses pertes. Il a d'ailleurs intenté une poursuite de 3,1 millions de dollars contre le ministère. Mais ce dernier rétorque que ce n'est pas le sel de déglaçage qui a fait mourir les plantes de M. Lapointe, mais plutôt ses pratiques horticoles.

C'est Réjean Lapointe qui a dévoilé aux citoyens de Saint-Étienne-des-Grès l'origine de leur problème d'eau salée. Il les a encouragés à demander au MTQ d'effectuer des tests. Résultat : les résidents de 26 propriétés dans deux rues près de l'autoroute ont eu la confirmation qu'ils avaient des taux anormalement élevés de sel dans leur eau, jusqu'à quatre fois la limite recommandée.

Le MTQ savait

La professeure Rosa Galvez, directrice du Département de génie civil et de génie des eaux de l'Université Laval, révèle que le MTQ connaît depuis longtemps les problèmes causés par ses sels de déglaçage dans cette région.

« Dans les cas des eaux souterraines entre Shawinigan et Trois-Rivières, il y a des études qui datent des années entre 1982 et 1988 [qui] montrent que les eaux souterraines contenaient des concentrations supérieures aux concentrations naturelles en sels de déglaçage », affirme-t-elle.

Enfin l'aqueduc

Des citoyens excédés de ne pas avoir d'eau potable ont formé un comité qui a organisé une rencontre, en juin dernier, avec le maire, le député provincial et les responsables du ministère des Transports et de l'Environnement. Le ministère des Transports a reconnu sa responsabilité dans le dossier.

De plus, le député de Maskinongé, Marc H. Plante, a confirmé que les résidences de Saint-Étienne-des-Grès touchées par le problème seront finalement reliées à l'aqueduc municipal, mais les propriétaires ne savent pas encore à quel prix. Ils espèrent retrouver l'eau potable en 2018, trois ans après avoir commencé à transporter leurs « cruches », comme l'a mentionné l'un d'eux.

Claudette Champagne et Gilles Corriveau ont des réserves, car ils s'inquiètent pour l'environnement.

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