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La bibliothèque publique, au cœur de sa communauté

Elles sont partout au Québec, parfois au sous-sol d'un édifice municipal, parfois dans un bâtiment sur mesure à la fine pointe du design. À l'ère du numérique, les bibliothèques publiques ne se résument plus qu'aux livres.

Un texte de Michelle Raza

Saint-Pierre-les-Becquets : pas de bénévoles, pas de bibliothèque

Mariette Tousignant prend place derrière le comptoir de prêt de la bibliothèque de Saint-Pierre-les-Becquets. Ça fait 25 ans qu'elle conseille bénévolement les lecteurs de la petite municipalité du Centre-du-Québec. Elle fait partie d'une équipe de volontaires qui, aux dires de leur coordonnatrice, portent à bouts de bras la bibliothèque.

Comme les autres petites bibliothèques du Québec, celle de Saint-Pierre-les-Becquets est financée en grande partie par le palier municipal. Elle se trouve d'ailleurs à même l'édifice de la mairie, dans un local chaleureux et aménagé pour la détente.

Depuis son entrée en poste, la coordonnatrice Francine Bergeron a mis sur pied plusieurs projets pour ses lecteurs. Des chaises Adirondack pour lire à l'extérieur, des fauteuils moelleux pour écouter des livres audio, un théâtre de marionnettes pour l'heure du conte.

Sans son équipe pour lui prêter main forte, tout ça resterait cependant lettre morte. « C'est très clair dans ma tête que s'il n'y avait pas de bénévoles, il n'y aurait pas de bibliothèque », admet-elle.

La bibliothèque de Saint-Pierre-les-Becquets organise une bibliomobile, qui se rend dans les résidences pour personnes âgées de la municipalité. Elle connaît aussi une hausse des abonnements de jeunes depuis qu'elle organise un club de lecture estival.

La prochaine étape : trouver l'argent pour construire une salle multifonctionnelle, qui permettrait entre autres d'organiser un ciné-club pour les familles.

La bibliothèque, un lieu à vocation de plus en plus sociale

Une dizaine de parents accompagnés de leur bébé prennent part à un atelier de psychomotricité un samedi matin d'octobre à Maskinongé, en Mauricie. Une activité organisée de concert par la municipalité et la bibliothèque locale Noëlla-Livernoche.

Qui pense « bibliothèque » pense bien souvent « livre ». Pourtant, la place des bibliothèques dans la communauté prend de plus en plus une tangente sociale. C'est ce qu'observe entre autres Stéphane Labbé, qui s'intéresse aux bibliothèques publiques dans le cadre de son doctorat en communication sociale à l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

« Qu'est-ce la bibliothèque devient en 2015-2016? Elle a entamé un virage, je dirais, social », explique Stéphane Labbé.

En plus de leur programmation culturelle, les bibliothèques organisent de plus en plus des ateliers de francisation, d'aide informatique ou de techniques de recherche. Certaines offrent un club de recherche d'emploi ou un service d'aide aux devoirs.

« C'est probablement du fait que la bibliothèque est l'institution la mieux ancrée ou la plus fortement déployée sur le territoire québécois », estime le doctorant à l'UQTR. Les plus récentes statistiques de l'Observatoire de la culture et des communications du Québec démontrent que 97 % du territoire québécois est desservi par une bibliothèque. C'est plus que toute autre institution culturelle.

Trois-Rivières : la bibliothèque prend le virage numérique

Trois panneaux colorés sont apparus cet été dans les fenêtres de la bibliothèque Gatien-Lapointe, au centre-ville de Trois-Rivières. Il s'agit de vitrines culturelles, qui permettent d'emprunter des livres directement à l'aide d'un téléphone intelligent ou d'une tablette électronique.

Le projet-pilote pourrait bientôt se retrouver à plusieurs autres endroits à Trois-Rivières. La direction des bibliothèques de la Ville compte installer de telles vitrines dès l'an prochain dans plusieurs lieux publics, allant des espaces de loisirs aux établissements de santé.

C'est un des projets à saveur numérique mis sur pied par les bibliothèques de Trois-Rivières, qui comptent cinq établissements. 

Le 26 octobre, la bibliothèque Gatien-Lapointe sera fermée pour lui permettre d'amorcer un autre virage. Elle va passer à la technologie RFID (« radio-frequency identification »), ce qui veut dire que 485 000 documents seront dotés d'une puce électronique capable de communiquer avec un système informatique par les ondes radio.

Cette technologie pourrait permettre à la Ville de Trois-Rivières de créer d'ici quelques années de nouveaux points en libre-service, donc sans employé. Ces mini-succursales pourraient voir le jour près des nouveaux développements immobiliers dans les secteurs nord et est de Trois-Rivières.

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