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La chanson engagée pour encourager la persévérance scolaire

L'institution d'enseignement collégial Kiuna d'Odanak cherche à combattre le décrochage scolaire chez les jeunes autochtones grâce à la chanson engagée. Les membres du groupe hip-hop Loco Locass se sont joints au projet.

Un texte de Camille Carpentier

Marie-Christine Petiquay, fière Attikamek, en est à sa dernière session d’études collégiales. Entourée de six autres jeunes participants, elle chante quelques vers de son cru. Les mots évoquent ses origines autochtones.

« Dans la chanson, on dit que c’est notre forêt, c’est notre maison, c’est notre pharmacie. On prend tout là-bas », explique la jeune femme.

Les sept jeunes sont réunis autour de Biz et Batlam, deux membres du groupe Loco Locass. Ils répètent en vue d’un enregistrement dans les studios du groupe, reconnu pour ses rythmes hip-hop aux propos engagés.

« Richard Desjardins avait dit que les Amérindiens étaient le peuple invisible. Ils sont souvent aussi le peuple inaudible, c’est-à-dire ceux qu’on n'entend jamais », lance Biz.

Là-dedans, on entend leur voix à eux, mais on entend aussi leur langue à eux

Biz

Persévérance scolaire

Parmi les sept étudiants, les communautés innue, attikamek, cri et malécite étaient représentés dans cette classe. Pour eux, la persévérance scolaire est un défi à l’année, mais tout particulièrement maintenant, alors que la mi-session approche à grands pas.

« L’exposition, le gala de fin d’année, le projet d’écriture de chansons, le projet de livre, ce sont tous des produits qui sortent des murs de l’école, qui valorisent le travail des étudiants, qui les valorisent eux-mêmes », indique Prudence Hannis, directrice associée à l’Institution Kiuna.

Le fil conducteur, c’est le renforcement de l’identité

Prudence Hannis, directrice associée à l’Institution Kiuna

Les professeurs, de leur côté, se réjouissent du caractère multidisciplinaire de ce projet.

« Quand les jeunes participent à un projet comme celui-là, ça leur fait pratiquer les textes au niveau de la littérature, ça leur fait pratiquer le rythme, explique leur enseignant, David Paulin. Ils vont sortir d'ici avec un sentiment de fierté, un sentiment de chose accomplie. »

De son côté, Marie-Christine Petiquay sent que son art peut faire une réelle différence.

« Le CD qui va être vendu, tout l’argent va aller à planter des arbres dans la forêt. Moi, j’ai vraiment embarqué pour la cause. »

D'après les informations de Michel Saba.

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