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La crise des réfugiés syriens a des échos jusque dans les paroisses du Centre-du-Québec

Les fidèles ont répondu, cette fin de semaine, à un appel à la générosité lancé par l'évêque de Nicolet à l'égard des migrants syriens qui risquent leur vie pour atteindre l'Europe. Des collectes de fonds ont été organisées dans environ 80 églises du Centre-du-Québec et ont permis d'amasser quelques milliers de dollars.

Le montant recueilli ne sera connu qu'au cours de la semaine prochaine. L'argent sera envoyé à des organismes qui viennent en aide aux populations touchées par la guerre au Moyen-Orient, dont Développement et Paix. « On est tous frères et soeurs, puis il faut s'entraider », a lancé une fidèle. 

Si les paroissiens sont prêts à donner, tous n'ont pas nécessairement le même avis sur la question de l'accueil de migrants qui fuient la guerre.

L'un d'eux s'est montré réticent par rapport à la question de la sécurité : « En autant que les gens qu'on va accueillir ne viennent pas troubler notre paix ici », a-t-il dit. 

Une question complexe

Le prêtre qui célébrait la messe de dimanche à l'église multifonctionnelle de la Nativité, à Bécancour, estime que l'accueil de migrants est une question complexe.

« Comment ça se fera? Ça, c'est une autre affaire! », lance Pierre Proulx. « Disons que j'ai deux maisons, une maison d'été et une maison d'hiver. La maison d'été pourrait-elle servir pour accueillir une famille? Là, c'est une autre organisation! »

L'homme de foi suggère néanmoins que le Canada ouvre les bras comme il l'a fait avec les réfugiés de la mer (« boat people ») de la fin des années 1970 et du début des années 1980.

Le parrainage au Canada

Au Canada, les réfugiés peuvent être pris en charge soit par le gouvernement, soit par un groupe de personnes qui acceptent de les parrainer.

Un homme qui assistait à la messe de dimanche à Bécancour fait partie des personnes qui ont déjà contribué à accueillir des réfugiés. Henri Bordeleau s'est joint à un groupe, dans les années 1980, pour parrainer une famille de Laotiens.

« Habituellement, ce sont des gens qui se mettent ensemble, qui mettent un peu de moyens financiers et qui accueillent des gens », explique-t-il. « On l'a déjà fait par le passé, on pourrait le refaire », poursuit-il.

À son avis, seule la campagne électorale fédérale permettra de savoir quelle position le Canada adoptera sur cette question et, conséquemment, si davantage de réfugiés syriens devront être accueillis au pays.

« Il faut vraiment attendre que les gens qui vont être en responsabilité politique prennent les décisions. »

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