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La fermeture de l'usine Laurentide, un an plus tard

« Dur coup pour l'économie de la Mauricie. » « Autre journée noire à Shawinigan. » Le 13 octobre 2014, une page de l'Histoire s'est tournée avec la fermeture de l'usine Laurentide dans le secteur Grand-Mère. Un an plus tard, les 275 ex-travailleurs et toute une communauté tentent toujours de se relever.

Un texte de Maude Montembeault et de Michelle Raza

Pierre Quesnel a passé 25 ans de sa vie à « la Laurentide ». L'ancien chef de la brigade incendie de l'usine était à quatre ans de sa pleine retraite quand le couperet est tombé.

En franchissant le seuil de l'usine centenaire pour la dernière fois, il a laissé derrière lui son emploi, ses collègues et une longue tradition familiale. Son fils, son père, son grand-père et son arrière-grand-père ont tous travaillé à la Laurentide.

La Laurentide, c'était souvent une affaire de famille à Shawinigan. « Les gens gagnaient bien leur vie », rappelle l'historien Mario Lachance, « et le fils, voyant son père rapporter des revenus intéressants, décide de suivre sa trace. »

La fermeture de l'usine marque la fin d'une époque. « Ça marque la fin d'un ère industrielle qui a contribué à la naissance de la ville, à sa croissance, à son développement », explique Mario Lachance.

Une usine en service pendant 126 ans

L'usine Laurentide, la plus importante en Amérique à l'époque, voit le jour en 1887 et marque le début de la production industrielle de pâtes et papiers au Québec. Elle donne aussi naissance à la ville de Grand-Mère. L'usine comprend près de 50 bâtiments et installations, presque tous utilisés, qui ont été construits entre la fin du XIXe siècle et 1995.

Des rêves brisés et des changements de plan

Pour Pierre Quesnel, la fin des opérations de l'usine a aussi voulu dire la fin de certains rêves. Il envisageait une retraite faite de voyages dans le Sud, mais il a dû faire des démarches pour se trouver un autre emploi.

Plusieurs ex-travailleurs de la Laurentide sont déménagés ou sont retournés sur les bancs d'école dans la dernière année.

La ville de Shawinigan, déjà ébranlée en 2008 par la fermeture de l'usine Belgo, une autre papetière, a elle aussi pris en mains les rênes de son avenir.

Elle s'est engagée depuis quelques années dans un virage qui doit la mener de la grande entreprise vers le divertissement numérique, l'électronique, la transformation des métaux et les technologies vertes. « C'est la survie de Shawinigan qui dépend de ce virage », résume le maire Michel Angers.

La vie continue

Pierre Quesnel avait commencé une formation pour créer sa propre entreprise récréotouristique, mais il a plutôt opté pour un nouvel emploi dans une entreprise d'excavation. « C'est plus compliqué qu'on le pense; avec les années à l'usine, on a tous eu un bon rythme de vie et on tente de garder ce qu'on a », concède-t-il. « Si on veut le garder, il faut travailler. Si on veut partir un projet, ça prend des sous. »

Un an après avoir franchi le seuil de l'usine Laurentide pour la dernière fois, Pierre Quesnel a fait son deuil. Shawinigan, elle, semble bien engagée sur la voie de la transformation. Mais la blessure infligée à l'automne 2014 demeure. 

Pour écouter l'entrevue de Maude Montembeault à l'émission Chez nous le matin, cliquez ici.

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