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La mortalité des abeilles inquiète les apiculteurs

Certains apiculteurs de la Mauricie et du Centre-du-Québec sont inquiets pour la production estivale à venir. La moyenne de la mortalité des abeilles est d'environ 25 % annuellement, mais plusieurs craignent des pertes allant au-delà de 30 % cette saison. Les changements climatiques pourraient avoir affecté les ruches.

L'automne chaud aurait laissé trop de miel dans les ruches, laissant peu de places pour la ponte.

De plus, les pesticides ont pu affaiblir les colonies d'abeilles, selon Julie Fontaine, présidente du Syndicat des apiculteurs du Québec, pour la section Mauricie, Estrie, et Centre-du-Québec.

« Probablement que les abeilles ont décidé que c'était beaucoup plus intéressant d'aller ramasser le nectar et le pollen dans les champs plutôt que de se nourrir du sirop que les apiculteurs leur donnent. Ils ont probablement ramassé du pollen imbibé de pesticides, ramené ça dans la ruche et ont mis ça dans les alvéoles, en prévision de nourrir les larves au printemps », explique-t-elle.

La chaleur vécue à l'automne ne serait pas étrangère au chamboulement de la préparation des abeilles en vue de l'hiver.

« La quantité de miel dans la nature est trop élevée. Les abeilles ne peuvent plus stocker. Elles vont stocker le miel dans les endroits où on met les bébés. À l'automne, on veut avoir beaucoup de bébés. Or, nous on a vu que le taux de bébés a diminué beaucoup », explique Denis Leblanc, propriétaire de l'entreprise Les produits de l'alvéole.

D'autres soucis

Ces dernières années, d'autres problèmes affectent la production d'abeilles, outre les changements climatiques et les pesticides. Entre autres, les monocultures empêchent la diversité de nourriture des abeilles et des parasites, comme le Varroa, nuisent depuis de nombreuses années aux producteurs.

Un été clément pourrait renverser la vapeur et permettre aux colonies de prendre des forces, mais certains apiculteurs craignent déjà un fort taux de pertes.

« Un de mes copains, on s'est appelé hier, et lui il est à 40 % et il prévoit même à 50 % », dit Denis Leblanc.

D'après les informations d'Anne-Andrée Daneau

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