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Le cancer d'un homme de Trois-Rivières aggravé à cause de radiations à son travail

Le Tribunal administratif du travail (TAT) a conclu que le cancer de la vessie d'un travailleur d'une usine de sucre de Trois-Rivières s'est aggravé à cause des radiations auxquelles il était exposé.

Dans un jugement de 25 pages rendu le 17 janvier, la juge Valérie Lizotte a reconnu que la maladie de Michel Plante satisfaisait aux critères d’une lésion professionnelle au sens de la Loi sur les accidents de travail et les maladies professionnelles. L’homme de Trois-Rivières pourra donc toucher les prestations prévues par la loi.

Michel Plante était à l’emploi de l’entreprise Sucro Can inc., aujourd'hui déclinée en deux entreprises distinctes que sont Sucre Solution et Bonbons Richard. Les usines de raffinage de sucre sont situées à Trois-Rivières sur les boulevards Parent et Sainte-Marguerite.

Michel Plante travaillait avec une machine à rayons X qui servait à détecter la présence de métal indésirable dans le sucre granulé.

Détérioration de l'état de santé

En 2014, Michel Plante reçoit un diagnostic de cancer de la vessie. En août 2015, sa maladie a beaucoup progressé. Selon les analyses médicales, il aurait pourtant dû guérir rapidement considérant le stade précoce de diagnostic de la maladie, explique l'avocate au dossier, Me Sophie Mongeon.

Michel Plante a subi cinq chirurgies, sans cesser de travailler pendant les traitements. Son médecin soupçonne que la détérioration de son état de santé est reliée à son travail.

Entre janvier 2014 et avril 2015, le travailleur aurait été exposé à des rayons X pendant environ 145 heures, sans protection, estime le radio-oncologue Dr Bernard Fortin.

Selon une expertise présentée au Tribunal administratif du travail, l'homme aurait été soumis à une dose de radiations 40 fois plus importante que la dose considérée sécuritaire pour un employé du secteur nucléaire.

D'autres travailleurs touchés?

La machine à rayons X se trouvait dans une partie à aire ouverte des usines, fréquentée par d'autres employés. Ainsi, d'autres travailleurs ont pu être exposés à des radiations à leur insu, estime la firme Desroches Mongeon Avocats, qui représente Michel Plante.

C'est la raison pour laquelle la firme d'avocats convoque un point de presse jeudi matin, pour informer les travailleurs « des risques inhérents [de cette exposition] pour leur santé », peut-on lire dans la convocation.

L'entreprise Sucre Solution ne réagit pas au jugement rendu par le TAT pour l'instant. La direction nous a avisé par téléphone qu'elle travaillait avec une firme de communications afin de prévoir la suite à donner dans ce dossier. Les gestionnaires affirment que la machine à rayons X n'est plus en place depuis plusieurs mois, ayant été remplacée par un détecteur de métal, qui n'émet pas de radiations.

De son côté, la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) ne commente pas le dossier pour des raisons de confidentialité.

Avec les informations de Marie-Ève Trudel

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