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Le changement climatique favorable aux vignobles de la Mauricie

La fin de semaine de l'Action de grâce rime avec vendanges pour les viticulteurs du Québec. Avec les premiers gels, il est temps de récolter le raisin pour en faire du vin. Les changements climatiques semblent profiter aux viticulteurs du Québec.

Un texte d'Amélie Desmarais

C'est le cas au Vignoble Clos Sainte-Thècle en Mauricie, mais le propriétaire Réjean Lampron ne s'attend pas à une année exceptionnelle. « Pour nous cette année, je la qualifierais d'année ordinaire étant donné qu'en juin, juillet, il y a eu beaucoup de pluie, dit-il. À la fin juillet, on commençait à s'impatienter. » Le beau temps des mois d'août et septembre a sauvé la mise, mais les gels tardifs du printemps ont tout de même fait des ravages. « Malgré qu'on a fait des feux à divers endroits dans le vignoble pour protéger les vignes, ça amène une année qui est assez difficile. »

Même si cette année a été plus difficile, M. Lampron constate depuis qu'il s'est lancé dans la viticulture en 2002, que les premiers gels surviennent de plus en plus tard ce qui permet aux raisins de devenir plus sucrés et donc de faire des vins avec un plus haut taux d'alcool.

« Au début on avait tendance à récolter vers la fin septembre, explique l'ingénieur de formation. Là, on est rendu à l'Action de grâce. donc ça nous permet d'aller chercher peut-être un deux semaines de plus. »

Cette tendance, le climatologue du consortium de recherche Ouranos, Philippe Roy, l'a aussi constaté. « Depuis 15, 20 ans, ça change quand même beaucoup et rapidement, dit-il. Il y a de plus en plus de vignobles qui s'établissent autour de la région montréalaise et évidemment aussi un peu en Mauricie. »

De plus en plus de vignobles

Si les premiers vignobles québécois datent des années 1980, en 2015, le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) en recense 278 dans la province. En Mauricie et dans le Centre-du-Québec, on en retrouve 20, ce qui correspond à une hausse de 30 % depuis 2009. Cette tendance devrait se poursuivre selon M. Roy qui prévoit qu'au cours des 15 à 20 prochaines années, les viticulteurs devraient gagner encore deux semaines supplémentaires avant le gel de l'automne.

Ces projections sont de la musique aux oreilles de Réjean Lampron du vignoble le clos Sainte-Thècle. « Ça serait le bonheur total être capable d'aller jusqu'à la fin octobre avec des températures comme on a eu au mois de septembre ce serait inespéré », s'exclame-t-il.

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