La venue à Trois-Rivières de la formation phare de la scène punk des années 90, Bad Religion, ne passe pas inaperçue. En ville, les admirateurs arborent fièrement les chandails à l'effigie du groupe.

Ils sont venus de Montréal, Québec, de plusieurs régions de la province et même de l'extérieur de nos frontières.

Trois-Rivières est le seul arrêt québécois de la tournée du groupe.

« Je les ai vus une quinzaine de fois en Europe, à Toronto, souvent à Montréal, à Québec », me raconte Richard Martineau-Leclerc, de Québec.

« Ils ne m'ont jamais déçu, c'est une grosse partie de la trame sonore de mon adolescence et de ma vie adulte. Je suis rendu à 40 ans. Je les trouve encore meilleurs, c'est comme du bon vin », me dit-il en levant son verre.

Il faut dire que le groupe est encore plus réfléchi dans sa critique sociale. Ce n'est pas étonnant quand on réalise que son chanteur et membre fondateur, Greg Graffin, enseigne à l'université de Los Angeles et qu'il est reconnu comme un spécialiste de la théorie de l'évolution.

Ce qui étonne par contre, c'est que loin de nourrir le culte de la personne, les membres du groupe sont d'une humilité et d'une générosité extraordinaire envers les gens, l'organisation et la ville qui les accueille.

Foodies avoués, ils sont allés à la découverte de restaurants branchés de la ville et ont accepté de se prêter à une entrevue devant public pour la radio du Festivoix. Une fois l'entrevue terminée, ils sont allés directement en direction des fans, serrant les mains et se prêtant au jeu des égoportraits avec bonheur.

« C'est important pour vous d'être généreux envers les gens? »

« C'est important pour eux! », me répond du tac au tac Jay Bentley, bassiste de la formation.

« J'ai été un fan de musique toute ma vie, explique-t-il. Quand je rencontrais des artistes que j'admirais et qu'ils étaient sympathiques avec moi, je savais que je me rappellerais d'eux toute ma vie. »

Je suis déstabilisée. Normalement, à ce stade de popularité, je m'attendais de voir des icônes dissimulées, à l'abri des regards.

Quand le punk prend possession des âmes

21h30 pile poil, Bad Religion entre en scène.

La foule est aussi ou peut-être même plus dense que la veille. Elle hurle. Le chanteur Greg Graffin lui lance un baiser en guise de réponse. Et c'est parti pour l'enfilade des succès que les fans connaissent par coeur Stranger than fiction, Supersonic, No control, American Jesus.

Le groupe est puissant, la guitare, pesante à souhait et Graffin est dans une forme redoutable. Il n'a pas besoin de courir ou sauter sur la scène, l'énergie de sa voix et de son interprétation soulève la foule au sens propre.

« Regarde! le "mosh pit" est en feu! », me hurle une consoeur. (NDLR un "mosh pit", c'est lorsque les spectateurs devant la scène se bousculent et se soulèvent les uns les autres pour se faire porter par la foule).

« On a toujours du bon temps quand on vient ici (au Québec) », dit Graffin à la foule.

« Tout le monde peut prendre de l'herbe librement? » demande le bassiste Jay Bentley.

C'est la soirée du grand défoulement. Je regarde les gens qui s'époumonent, dansent, quasiment en transe.

Je repense aux paroles de Richard Martineau-Leclerc de Québec cet après-midi: « Ils ne m'ont jamais déçu ».

Je me dis que ce n'est sûrement pas ce soir que ça va commencer.

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