Retour

Le fentanyl, source d'inquiétudes en Mauricie

Des intervenants de la Mauricie s'inquiètent de l'arrivée du fentanyl de contrefaçon dans la région. Plus d'une dizaine de cas de surdoses liés aux opioïdes ont été recensés dans la région depuis septembre 2016.

Un texte de Catherine Bouchard

Alors qu'un premier cas de surdose mortelle dans la région a été largement médiatisé en janvier, la coordonnatrice de Sidaction Mauricie, Anick Beneke, a été confrontée à une surdose d’opioïdes cet été.

« Le monsieur était en perte de conscience, il était bleu, j'ai dû intervenir, je n'avais pas de la naloxone (NDLR : antidote au fentanyl) sur moi », élabore Mme Beneke.

Elle a appelé les services d'urgence qui sont rapidement arrivés sur place ce qui a permis de sauver la vie à cet homme, mais il aurait pu en être autrement.

À Sidaction Mauricie, la vaste majorité des utilisateurs de drogues par injection consomment des opioïdes. Du fentanyl de contrefaçon serait présent sur le marché en Mauricie. Les intervenants n'ont pas encore reçu la formation pour pouvoir administrer la naloxone, un antidote temporaire aux surdoses d'opioïdes. Ils la recevront en mars de la direction de la santé publique.

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) Mauricie-Centre-du-Québec recense 13 cas de surdoses potentiellement liés au fentanyl ou d'opioïdes depuis septembre 2016 révèle une demande d'accès à l'information de Radio-Canada. L'organisme de santé se dit prêt à intervenir si un nombre anormal de surdoses mortelles de fentanyl survenaient. Il indique aussi avoir distribué des trousses de naloxone dans certaines pharmacies de la région.

Mélanges

Autre tendance inquiétante, les intervenants entendent les utilisateurs rapporter que du fentanyl est maintenant mélangé à la cocaïne et parfois même aux méthamphétamines (chrystal meth).

La situation inquiète aussi le directeur général du Centre d'hébergement d'urgence le Havre à Trois-Rivières. L'augmentation de la puissance des méthamphétamines avec les années cause plusieurs problèmes au sein du centre.

« On observe, depuis quelques années, la croissance de situation de psychoses toxiques, de comportements impulsifs, de comportements agressifs », élabore le directeur général du Centre le Havre, Danny Lacroix qui ajoute que même si le nombre de consommateurs d'opioïdes est négligeable à son organisme, de potentiels mélanges pourraient générer plus de problématiques.

Solutions

Pour éviter les surdoses mortelles, Mme Beneke propose notamment de la sensibilisation, ainsi qu'un accès plus facile au naloxone.

« On aimerait être formé, puis former d'autres gens pour donner l'accès le plus rapide possible à la naloxone », conclut Mme Beneke.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Un gros chien fait des vagues en apprenant à nager





Rabais de la semaine