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Le football moins populaire au secondaire : le reportage d’Enquête montré du doigt

Le nombre de joueurs était toujours à la hausse il y a cinq ans, mais à partir de l’année scolaire 2013-2014, une baisse a commencé à se faire sentir. En quatre ans, le nombre de joueurs de football au secondaire a chuté de 14 %, soit 1965 joueurs en moins.

« Depuis cinq ans, il y a plusieurs équipes qui ont arrêté de jouer au football parce qu'ils n'ont plus de joueurs, plus de coach. Ça prend des entraîneurs sur le terrain aussi. Une équipe de football c'est 40 jeunes à peu près, ça prend sept ou huit entraîneurs », constate Patrice Backburn, entraîneur adjoint des Vikings de l’école secondaire Les Etchemins à Lévis.

Tous les entraîneurs contactés sont unanimes. Ils considèrent que le reportage de l’émission Enquête a eu des conséquences directes sur les inscriptions.

« Malheureusement, on l'a vu dans plusieurs reportages qui ont misé principalement sur le football et sur les commotions cérébrales. Il y a en aussi dans plein d'autres sports : cheerleading, hockey, soccer. Mais on en parle moins, le problème est un peu là », affirme Patrice Blackburn.

Le coordonnateur du sport étudiant au Séminaire Saint-Joseph à Trois-Rivières, Charles Hébert, n’a pas noté de baisse de clientèle de son équipe de football, mais lui aussi remarque la baisse chez les équipes adverses.

« Les derniers rapports, les études, les reportages qui ont été faits à propos des commotions cérébrales ont certainement influencé la pratique du football, entre autres, et tous les autres sports de contact », dit M. Hébert.

Pourtant, plusieurs écoles ont pris les choses en mains et sont très alertes. C'est le cas du Séminaire Saint-Joseph où le temps de contact a été revu à la baisse.

« Entre six et huit heures de football, d'entraînement, il y a peut-être 45 minutes de contact », explique Charles Hébert.

Avant une commotion cérébrale pouvait être traitée comme un mal de tête, aujourd'hui un mal de tête peut être traité comme une commotion.

Nicolas Laroche, responsable des sports à l'école secondaire Les Etchemins

Du côté de l'école primaire Val-Marie à Trois-Rivières, la directrice, Carla Cholet, affirme que le reportage d'Enquête a fait sonner le téléphone pendant trois mois à la suite de sa diffusion et elle a noté une baisse d’inscriptions.

Elle a dû rassurer des parents inquiets et elle leur a fait parvenir de la documentation. Force est de constater que l'actualité a aussi permis à certaines écoles de réfléchir et de mettre en place des mesures pour minimiser les risques de commotions cérébrales.

Situation sous surveillance

Le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) considère aussi l'augmentation de la popularité du flag football pour expliquer cette baisse, mais ne s’en inquiète pas.

Le président-directeur général de l’organisation, Gustave Roel, dit surveiller la situation de près.

Il explique qu’une équipe moins nombreuse veut aussi dire plus de pression sur les joueurs qui doivent revenir au jeu plus souvent.

« Ce qui nous intéresse, c'est la sécurité des étudiants athlètes. On parle beaucoup du retour en jeu, des blessures. Ce qui nous préoccupe beaucoup plus c'est le retour en classe. Bien avant de retourner sur le terrain, il doivent retourner à l'école », explique M. Roel.

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