La ville est différente dimanche soir pour le 4ième jour du Festivoix, alors que l'accès aux scènes était gratuit à tous, comme le veut la coutume pour la Fête du Canada. C'est un peu comme un soir de vacances dans une ville touristique. Les gens déambulent lentement, on y voit plus de familles.

Un texte de Josée Bourassa

Plutôt que de se laisser guider par les effluves des grillades des restaurants, ils se laissent guider par les échos musicaux des différentes scènes, qui se succèdent au fur et à mesure qu'ils avancent. Attirée par les rythmes latins, je me dirige, curieuse, vers la scène des Voix Libres. Elle fait face au parc du Manoir Boucher de Niverville.

La première chose que je vois en entrant dans le parc, ce sont des Cubains, des Dominicains, des Trifluviens sur un plancher de danse, ou plutôt une pelouse de danse improvisée, partageant salsa, merengue et cumbia. Le Chico Band anime la grande fiesta familiale où toutes les cultures et les âges se confondent. Je soupçonne le groupe de faire monter le mercure de quelques degrés, déjà qu'il dépasse les 30 degrés!

Dans la rue, les gens défilent comme une longue procession vers la scène des Voix Multiples. Je suis le cortège. Dumas s'y produit pour la première fois. Il connaît bien l'événement. Il a assisté à de nombreux spectacles à l'époque où il étudiait au Cégep de Trois-Rivières.

« Je suis tellement content, c'est la première fois que je joue ici », m'a-t-il confié un peu plus tôt. Je lui rappelle que c'est une scène particulière où les gens sont très attentifs. « Ah, je vais les faire danser! » Devant mon air sceptique, il ajoute : « Je vais mettre ma veste dorée, je vais aller jouer dans la foule, tu vas voir ».

Note à moi-même : ne jamais prendre de pari avec Dumas quand il dit qu'il va faire danser le monde. Même seul sur scène avec son séquenceur, Dumas est parvenu à faire lever ces festivaliers habituellement bien ancrés sur leur chaise et les faire danser joyeusement sur Vertigo. Honnêtement, qui peut résister à cette chanson ? C'était gagné d'avance.

Petit Émile Bilodeau deviendra très grand

Bien avant l'heure du spectacle d'Émile Bilodeau, qui assure la première partie du spectacle de Patrice Michaud sur la grande scène des Voix Populaires, des jeunes, en très grand nombre, l'attendaient. Cette jeune révélation est grandement appréciée de sa génération. À mi-chemin entre Mononc'Serge et Dédé Fortin, Émile Bilodeau raconte en chanson la vie, les déboires et les questions existentielles propres à la vingtaine. Sur scène, il joue, il anime, il raconte, on s'attache rapidement.

« Y'a tu des fous à Trois-Rivières? » Il lance sa pièce Je suis un fou. « J'ai l'impression que mes chansons sont plates, comme un garçon qui fait son premier spectacle. » Eh non Émile ! c'est une bien mauvaise impression, tes chansons sont loin d'être plates. « On va vous faire une chanson de mon dernier album. On en a juste un! »

Émile Bilodeau, c'est ça : de l'autodérision sans tomber dans la fausse modestie.

Il est aussi un artiste aux convictions souverainistes, qu'il tient à partager, même en cette soirée de la Fête du Canada, en présentant sa célèbre J'en ai plein mon casque. Émile Bilodeau n'a qu'un seul album, on rêve du prochain et on ne peut que souhaiter une grande scène à lui tout seul.

Danser un slow sur du Patrice Michaud

« Trois-Rivières ! Comment ça, que ça a pris 4 ans avant que je revienne? Vous êtes tellement plus nombreux que la dernière fois. Je capote ma vie! » Patrice Michaud avait laissé une marque dans le coeur des festivaliers à son premier passage au Festivoix. C'était sur la scène, plus petite, des Voix Multiples. Cette fois-ci, on lui avait offert la grande scène des Voix Populaires et il en était heureux.

Il invite les couples à danser sur sa version personnelle de la chanson Stop de Sam Brown. Il descend de scène pour chanter dans la foule, et aussi incroyable qu'inattendu, des couples se forment et dansent enlacés. Après quelques pièces plus intimistes, Patrice Michaud raconte comment la musique a pris une place importante dans sa vie, à son tout jeune âge, grâce à son oncle Bertrand. Il enfile sa veste à paillettes et présente ses Majestiques comme un groupe de chanteurs de noces.

Émile Bilodeau vient le rejoindre sur scène pour interpréter Les cactus de Jacques Dutronc, entremêlée des riffs de I Just Go My Way de Lenny Kravitz. C'est surréel, mais tellement efficace. Même des photographes dans l'estrade de presse bougent sur le rythme. Et comme on n’est jamais au bout de nos surprises avec Patrice Michaud, il nous présente la nouvelle recrue des Majestiques : nul autre que Vincent Vallières. Les répertoires se rencontrent : Je pars à pied ;Julie revient, Julie s'en va.

Est-ce dans l'air? Est-ce dans l'eau de Trois-Rivières? Ils se sont tous mis en tête de nous faire danser aujourd'hui. Et ça a marché!

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