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Le joueur des Aigles de Trois-Rivières, Javier Herrera, demande l'asile politique au Canada

Javier Herrera n'en pouvait plus de vivre la peur dans son propre pays, le Venezuela. Après avoir vécu la frénésie de la dernière saison avec les Aigles, rester à Caracas était impensable. Sa famille menacée, il a choisi de fuir son pays natal et de revenir à Trois-Rivières, où il espère maintenant obtenir l'asile politique.

Un texte d'Alexandre Duval

Peu de temps après que les Aigles aient été sacrés champions de la Ligue Can-Am, Javier Herrera a dû quitter Trois-Rivières, comme les autres joueurs de sa formation.

Il savait toutefois que dès lors, sa sécurité et celle de sa famille ne seraient plus assurées. Son statut de joueur de baseball professionnel le rendait vulnérable dans un pays où la violence et le crime sont très présents.

« Javier a le statut de joueur de baseball professionnel là-bas, donc dans la tête des gens, c'est quelqu'un de très fortuné. On pense qu'il a un salaire des ligues majeures, mais c'est loin d'être le cas », a expliqué l'ex-directeur général des Aigles, Bob McDuff, à l'émission Chez nous le matin, mercredi.

Une apparente tentative d'enlèvement

À son retour à Caracas, Javier et sa femme ont renvoyé leurs deux enfants à l'école. Très rapidement, le danger s'est manifesté.

« Javier a reçu un appel du directeur de l'école qui, je pense, a été pas mal allumé. Il a dit "On a deux messieurs qui sont ici pour ramasser les enfants. Est-ce que vous avez envoyé quelqu'un chercher des enfants?" », raconte Bob McDuff.

Javier a tout de suite répondu de façon négative et s'est empressé d'aller récupérer ses enfants, craignant une tentative d'enlèvement ou d'extorsion.

Ce n'était pas la première fois que Javier Herrera et sa conjointe étaient confrontés à des menaces. L'année dernière, ils avaient aussi eu des raisons de craindre pour la sécurité de leurs enfants.

Dans ce contexte, les enfants ne sont pas retournés à l'école et la famille n'a plus quitté l'appartement.

Un stratagème pour quitter le Venezuela

Le visa de travail de Javier Herrera devait expirer à la fin du mois d'octobre. S'il voulait fuir le Venezuela avec sa famille, il devait faire vite. Rapidement, il a communiqué avec Bob McDuff pour lui faire part de la situation.

« C'est là qu'on a enclenché la machine. On s'est organisé pour leur acheter des billets [d'avion]. La direction des Aigles a aidé beaucoup là-dedans », dit-il.

Javier Herrera et sa famille s'apprêtaient à essayer de quitter le Venezuela pour de bon, mais ils devaient trouver prétexte afin d'obtenir le droit de sortir. La direction des Aigles leur a donc acheté un trajet aller-retour, donnant ainsi l'impression que la famille rentrerait éventuellement au pays.

Une lettre avec l'en-tête des Aigles a aussi été rédigée à l'attention des autorités vénézuéliennes, prétextant la tenue d'un camp d'entraînement de baseball pour lequel les services de Javier étaient sollicités.

Le stratagème a fonctionné. La famille a d'abord pu quitter le Venezuela, puis a été accueillie au Canada. Les démarches pour obtenir l'asile politique sont cependant loin d'être complétées, mais les membres de la famille ont espoir. Ils se présenteront devant les commissaires à l'immigration le 21 décembre prochain pour la décision finale.

Appel à la générosité

« Ils sont très heureux d'être ici [...] On leur a trouvé un appartement. On leur a fait une épicerie pour les première journées », indique Bob McDuff. L'aide du public est toutefois sollicitée, puisque la famille a quitté le Venezuela les mains vides. « Ils sont arrivés en t-shirt, avec aucun vêtement pour l'hiver. Ils n'ont absolument rien. »

Déjà, des citoyens de Trois-Rivières ont répondu à l'appel de Bob McDuff. « J'avais demandé un réfrigérateur, dit-il. On en a un qui est rentré ce matin. [...] Une compagnie de peinture nous a offert de venir repeindre leur appartement. »

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