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Le journal intime d'une victime de crimes sexuels détruit par erreur

Une victime d'attouchements sexuels déplore qu'un journal intime qu'elle avait remis aux enquêteurs de la Sûreté du Québec à titre de preuve ait été détruit sans son accord.

Un texte de Camille Carpentier

Caroline avait entre 11 et 15 ans lorsqu’elle a été victime d’attouchements sexuels. Un interdit de publication nous empêche toujours de dévoiler son véritable nom. Ce n’est qu’une fois adulte qu’elle a décidé de dénoncer son agresseur devant les tribunaux.

Elle remet alors entre les mains des enquêteurs de la Sûreté du Québec un journal intime dans lequel elle a écrit alors qu’elle avait 13 ans. Elle demande à pouvoir récupérer le journal une fois les procédures judiciaires terminées, une demande à laquelle acquiesce l’enquêteur chargé du dossier.

« C'était vraiment une promesse de l'enquêteur. J'ai même hésité à le laisser parce que je me posais la question : est-ce que des copies seraient suffisantes? », se souvient-elle. 

Le processus judiciaire suit son cours. Son agresseur plaide coupable et prend le chemin de la prison en mars dernier. Quelques semaines après le jugement, Caroline demande à récupérer son bien. À sa grande surprise, on lui annonce que le journal intime a été détruit.

Pour compenser la perte, on lui remet des copies du journal. Toutefois, certaines pages sont illisibles en raison de la qualité d’impression.

Pour la victime, plusieurs souvenirs heureux d’une période sombre de sa vie sont perdus à jamais.

Détruit par erreur

À la Sûreté du Québec et au bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales, on ne comprend pas pourquoi le journal a été détruit.

Au téléphone, un porte-parole de la Sûreté du Québec reconnaît que la preuve n’aurait pas dû être détruite. La SQ a cependant refusé de commenter le dossier dans le cadre d’une entrevue.

Aujourd'hui, la victime a décidé de raconter son histoire dans l'espoir que cela n'arrive pas à d'autres.

« C'est déjà difficile de dénoncer les agressions, c'est déjà difficile d'avoir des preuves, je ne veux pas que ça vienne mettre un frein à d'autres victimes qui voudraient dénoncer, dit-elle. J'aimerais qu'il y ait un meilleur suivi des documents pour que ça n’arrive plus. »

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